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10/09/2014 07h:56 CET | Actualisé 10/11/2014 06h:12 CET

Progressistes de toute la Tunisie, unissez-vous!

POLITIQUE - À l'approche des élections, l'espace public tunisien assiste au triste spectacle de la défragmentation du bloc "progressiste". L'espoir de le voir uni face à ses adversaires disparaît jour après jour, laissant l'électorat perplexe quant à une possible victoire.

"Seuls ceux qui ont la mémoire longue sont capables de penser l'avenir".

Nietzsche

À l'approche des élections, l'espace public tunisien assiste au triste spectacle de la défragmentation du bloc "progressiste".

L'espoir de le voir uni face à ses adversaires disparaît jour après jour, laissant l'électorat perplexe quant à une possible victoire.

Les islamistes, en fins stratèges, ont joué cette fois la carte de l'apaisement et du repli: Conscients des faiblesses de leurs rivaux, ils ont reculé pour mieux laisser aux "progressistes" le temps de commettre des erreurs et se livrer à une lutte fratricide, ce pur produit des égos surdimensionnés, de la mentalité soixante-huitarde et de l'incompétence

Les erreurs tactiques des "progressistes" trouvent également explication dans une autre source: La passivité de l'électorat. En effet, après le grand rassemblement du Bardo, la base "progressiste" est entrée dans un mutisme quasi-total, s'imaginant que la mission de l'opposition s'est achevée avec la chute du gouvernement d'Ali Larayedh et l'installation du gouvernement de Mehdi Jomâa.

Or, le jeu démocratique est un jeu sans fin et le combat politique est une entreprise qui demande une mobilisation continuelle. Les islamistes continuent, bel et bien, à monopoliser la scène politique à travers le nouveau gouvernement et ils ont toutes les chances de continuer à le faire après les élections.

La passivité de l'électorat "progressiste" pousse également l'opposition à la division et aux maladresses car il est d'autant plus utile de s'attaquer à son propre camp qu'à celui de l'adversaire, notamment quand notre propre camp s'avère être irrécupérable et n'arrive pas à tirer les leçons des échecs passés.

On se demande alors où est l'opinion publique "progressiste"? Pourquoi ne pas sortir manifester dans la rue contre ces partis politiques qui s'égarent et qui veulent détruire les espoirs de leurs électeurs? Pourquoi ne pas faire pression sur ces partis politiques qui disent œuvrer pour l'intérêt de la Tunisie, mais qui œuvrent pour leurs propres intérêts ? Où est la voix des médias "progressistes" et pourquoi n'organisent-ils pas une campagne de sensibilisation afin de mettre les politiques "progressistes" face à leurs responsabilités et à leurs contradictions ?

Après les élections, on aura peut-être droit à des larmes et à des commentaires du genre "Pauvre Tunisie", "Les islamistes veulent nous faire revivre l'âge des cavernes", "Le peuple tunisien est un peuple ignorant car il a voté pour les islamistes", autant de mauvaise-foi qui témoigne de l'incapacité des "progressistes", électorat, pseudo-élite et classe politique confondus, à être à la hauteur des impératifs de la course au pouvoir et à faire partie prenante du jeu démocratique.

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