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30/10/2014 12h:14 CET | Actualisé 30/12/2014 06h:12 CET

Non au "candidat consensuel", non à un "gouvernement d'union nationale" !

POLITIQUE - Au lendemain de l'annonce officielle des résultats des législatives, une nouvelle commence à circuler dans les médias et les réseaux sociaux selon laquelle une réunion est en préparation avec les chefs des partis et les candidats aux présidentielles ayant pour objectif de se mettre d'accord sur un "président consensuel".

"Le consensus, c'est l'aliénation joyeuse". (Jean Bothorel)

Au lendemain de l'annonce officielle des résultats des législatives, une nouvelle commence à circuler dans les médias et les réseaux sociaux selon laquelle une réunion est en préparation avec les chefs des partis et les candidats aux présidentielles ayant pour objectif de se mettre d'accord sur un "président consensuel".

Cette initiative a toujours été le cheval de bataille des islamistes. Sa dimension de réconciliation cacherait toutefois un stratagème digne du machiavélisme habituel de la confrérie.

Que voudrait dire "un président consensuel"? Cela voudrait dire que les patriarches des partis politiques s'unissent en aparté pour désigner -quasiment à l'unanimité- le candidat qui devrait gouverner le peuple tunisien.

Or, cette situation nous renvoie à deux organisations sociopolitiques anachroniques que les courants progressistes ne cessent de combattre :

- L'organisation tribale à tendance archaïque: Dans laquelle le Conseil tribal doit élire un chef. A priori démocratique, le culte du patriarche est pourtant encore de mise dans ce type d'organisations et son pouvoir peut être transmis de manière héréditaire. Plus encore, en cas de désaccord sur l'élection, le Conseil tribal peut se mettre d'accord sur un "chef consensuel" pour éviter les haines et les tensions. Ceci restreint la multiplicité des candidats et, en conséquence, le jeu démocratique.

- L'organisation califale: Cette organisation est la manifestation du système tribal qui régit les pays du Golf depuis plus de quatorze siècles. Aussi, en adoptant l'idée du "président consensuel", les représentants des partis politiques sont en réalité amenés à faire allégeance (Moubayâa) au "Calife" des Tunisiens. Une conception pour le moins paradoxale dans la Tunisie postrévolutionnaire et qui se targue de son expérience démocratique inédite dans le monde arabe.

Le "président consensuel" se révèle être un concept contraire aux principes démocratiques dans la mesure où le reste des candidats est écarté du jeu démocratique, le peuple est privé du suffrage universel et de son droit à élire directement son président. L'idée du "président consensuel" n'est qu'une énième démonstration du caractère antidémocratique des islamistes. Idem pour l'idée de "gouvernement d'union nationale" (ou autres désignations qui visent le même objectif belliqueux) qu'ils ne cessent de réitérer et de faire la promotion, mais qui n'est qu'une manière détournée d'imposer leur vision monolithique du système de gouvernance sur la majorité élue.

La thèse de la "démocratie consensuelle" n'est que le leurre de ceux qui ne veulent pas d'une nouvelle Tunisie démocratique et qui tentent, par tous les moyens, de corrompre cette image en détournant la situation en leur faveur, usant, tantôt, de l'argument de la supposée fragilité du contexte tunisien, tantôt, de la menace.

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