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20/01/2016 08h:31 CET | Actualisé 20/01/2017 06h:12 CET

Un modèle de société à changer

Kevork Djansezian via Getty Images

Oxfam vient de publier un rapport accablant titré An economy for the 1%, révélant des réalités absolument révoltantes qui, malheureusement, sont dans l'air du temps et souvent reçues avec un désespérant manque d'intérêt concret d'une majorité spoliée et inerte au lieu de prendre en main une société ayant terriblement besoin de changement.

L'ONG appelle les participants au Forum de Davos à agir. «Nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider sont amassées par quelques personnes en haut de l'échelle», affirme Manon Aubry, chargée des questions de justice fiscale et d'inégalités chez Oxfam France, citée dans un communiqué.

Cette réalité exposée par Oxfam n'est cependant pas immuable. Celle-ci peut être infléchie avec de la volonté et la révolte populaire face à ces inégalités croissantes. Nous pouvons forcer nos gouvernements à inverser cette tendance et à travailler à une société plus solidaire et égalitaire afin de devenir les bâtisseurs de la société de demain.

Il est plus que jamais temps d'ouvrir les yeux sur notre société prise en otage par la finance et les grandes entreprises refusant de participer à l'effort collectif dans une société où l'on demande toujours aux mêmes de mettre la main à la poche.

«Nous devons interpeller les gouvernements, entreprises et élites économiques présents à Davos pour qu'ils s'engagent à mettre fin à l'ère des paradis fiscaux qui alimentent les inégalités mondiales et empêchent des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté [...] Les entreprises multinationales et les riches élites ne suivent pas les mêmes règles que les autres, en refusant de payer des taxes dont la société a besoin pour fonctionner. Le fait que 188 des 201 premières entreprises mondiales soient présentes dans au moins un paradis fiscal montre qu'il est temps d'agir», affirme Winnie Byanyima, la directrice générale d'Oxfam International, qui sera présente à Davos.

Faits saillants:

• Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé l'an dernier celui des 99% restants.

• 62 individus, dont 53 hommes, possèdent autant de richesses que les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres du monde. (Ce chiffre était de 388 il y a cinq ans).

• La richesse de ces 62 super-riches a progressé de 44% depuis 2010 tandis que celle, toute relative, de la moitié la plus pauvre avait fondu dans le même temps de 41%.

• 9 entreprises sur 10 figurant parmi les partenaires stratégiques du WEF sont présentes dans au moins un paradis fiscal.

• Notre système économique est conçu de manière a favoriser une pognée de personnes sur le dos de la majorité.

• Oxfam nous rappelle qu'investir le sacrifice de la vie des autres rapporte plus que de sacrifier sa propre vie. (Le travail rapporte moins que le capital)

Le capital permet d'obtenir des ressources, d'exploiter des gens, de gagner des élections, de transformer des systèmes sociaux, de contrôler des secteurs économiques, de se monter des armées privées, d'acheter des territoires, de déclencher des guerres, de causer ou d'arrêter des famines, etc.

Les paradis fiscaux sont un cancer qui gangrène notre société qu'il serait temps d'éradiquer

Au Québec la réalité est tout aussi révoltante. Alors que le gouvernement libéral se bat pour faire des économies sur le dos de nos enfants, nos professeurs, nos étudiants, nos hôpitaux, nos services publics, nos biens communs, nos organismes communautaires... nous avons 20% des plus riches qui possèdent 61% des avoirs du Québec. Leur patrimoine représente 6,7 fois celui de la famille médiane et représente également 765 fois celui du 20% au bas de l'échelle de la richesse.

Ne soyons pas naïfs, les gouvernements que nous avons connus durant les dernières décennies travaillaient pour ce 20% et le bilan nauséabond de notre gouvernement actuel ne fait que l'illustrer encore davantage.

Nous pouvons continuer notre paresse intellectuelle et notre complaisance avec les politiques économiques de nos gouvernements actuels et ceux des dernières décennies au service des puissants et des plus nantis sans chercher à comprendre leurs absurdités et inhumanités, ou nous pouvons nous réveiller, nous secouer et nous révolter en osant défendre des politiques avant-gardistes dans un monde globalisé en ayant, comme idéal en ligne de mire, une société juste et égalitaire où la redistribution des richesses et les critères sociaux sont pensés en amont pour être à la base même de la création de richesse.

Après l'indignation vient la révolte !

Sources statistiques : Oxfam, Iris.

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