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04/04/2016 07h:50 CET | Actualisé 04/04/2017 06h:12 CET

Giuseppe est fier de vous

Giuseppe serait ravi s'il apprenait que vous dévorez des feuilles et que si votre soirée est égayée par des nuances de rouges et de blanc, car on est plusieurs a être comme lui à défendre les responsables de la bibliothèque de la Rue Garibaldi

Koutaheier Ben Ammar

Lénine l'observait de loin sur un point perpendiculaire à Marseille la cité phocéenne.

Mais comme bon Italien du sud, de Naples notamment, il y a une part de bordélique en lui. Il grouille de vie, de sons, de bruits et de vacarme. Rive nord où rive sud, tous les mêmes ces méditerranéens. L'ivrogne était en lui, le comédien par la petite porte et le Farniente meublait ses journées en buvant la tasse.

Son architecture était vieillotte mais agréable à contempler.

Giuseppe était cet ensemble entier et indivisible mais hélas les crises sont une éventualité dans la vie de chacun. Des crises en questions, en conflits ou en ruptures.

Giuseppe était absorbé souvent dans ses bouquins, dans ses errements entre phrases et alexandrins, il fut offusqué par une odeur de charbons brûlants conjugués à un pic sur la courbe des décibels enregistrés par ses tympans. Il éloignait l'échéance pensant que c'était passager et que les prairies suspendues à ses marque-pages allaient être libérés du joug des particules fines et que ses tympans allaient savourer à nouveau le bruit des oisillons affamés à la naissance, suspendus à une brise fatale d'un mois de Juin. Sa patience avait ses limites lui qui a entendu moult fois Oum Kalthoum déesse de ses nuits éthyliques et il ne supportait plus cette vie amputée de poésie même si ceux d'en bas en avaient à des degrés.

Il se plaignit de cette situation insupportable: Radhia Haddad, Amilcar, les Nasserites ou encore ceux qui étaient nés un 18 Janvier étaient là.

Giuseppe le consolait et lui signifiait qu'en bon voisin, sa quiétude était importante comme la leurs. Il était ravi d'être apprécié dans son entourage et que son amour des quatrièmes de couverture et de la vie l'étaient également.

Giuseppe serait ravi s'il apprenait que vous dévorez des feuilles et que si votre soirée est égayée par des nuances de rouges et de blanc, car on est plusieurs a être comme lui à défendre les responsables de la bibliothèque de la Rue Garibaldi et notamment Mme Basma Tabib après l'agression des employés du café en dessous mécontents des plaintes des voisins quant aux nuisances sonores. Agression qui met en relief également le laxisme et le laisser aller des autorités qui n'interviennent point lorsqu'il s'agit de cohabitation.

Giuseppe Garibaldi vous remercie d'ailleurs.

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