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02/01/2018 08h:57 CET | Actualisé 02/01/2018 08h:57 CET

Deuil périnatal: Faire face à la perte de l'enfant

kitzcorner via Getty Images

Dans beaucoup de situations, le trauma et la souffrance psychique restent consécutifs à la soudaineté de la disparition. Dans d'autres scénarios, les circonstances de la mort peuvent aussi nourrir le trauma et alimenter la souffrance, d'autant que la personne reste profondément marquée et n'arrive pas à faire son deuil "naturellement" si elle est choquée par des circonstances sortant de l'ordinaire.

Quand une mort est consécutive à une maladie et que dans le conscient, même si c'est hyper douloureux on est plus ou moins préparés et les thérapies brèves (Sophrologie et Hypnose) peuvent accompagner en atténuant les souvenirs dégradés des dernières semaines. Mais il est des "pertes" auxquelles nous ne sommes jamais préparés, car elles ne sont pas dans l'ordre des choses. Elles ne sont pas "naturelles": comme enterrer son enfant.

Dans ce cas bien précis, le deuil de la perte d'un enfant, nécessite d'abord une prise en charge en psychologie clinique, la Sophrologie interviendra ensuite comme soin complémentaire.

Pour cela, il faut d'abord accepter son deuil, et ensuite le faire étape par étape...

Les 7 étapes du deuil

Elisabeth Kubler Ross, psychiatre et psychologue, décrivait les 7 étapes nécessaires au travail de deuil: le choc, le déni, la colère, la tristesse, la résignation, l'acceptation et la reconstruction. Le deuil peut devenir complexe voire même devenir un pathos si l'une de ces étapes ne s'est pas déroulée correctement.

Les dangers du deuil pathologique

Si l'on n'est pas passé par toutes les étapes, on peut rester "bloqué" dans sa souffrance et ne pas arriver "à faire son deuil" de l'absence et ne jamais dire au revoir, générant une souffrance à l'infini.

Un deuil pathologique non traité engendrera toute une panoplie de conséquences psychosociales non négligeables: allant de l'anxiété à la dépression. Ses expressions extrêmes seront les phobies, les crises de panique, les troubles du comportement alimentaire, les TOCs , les pensées morbides et suicidaires etc.

Casser les blocages du deuil

Regrets, sentiments de frustrations, culpabilité, déni, non-dits, autant de facteurs psychologiques et émotionnels pour la personne qui les subit et qui est face à un tsunami:

"Je n'ai pas profité de lui, je n'ai pas pu lui dire au revoir, ce n'est pas juste, pas comme ça et pas aussi tôt"! Ou encore "je n'ai pas pu lui dire combien je l'aime, je n'ai pas assez profité, si j'avais su" etc. et la liste est longue des non-dits. Tous ces éléments bloquent le processus du deuil qui ne peut plus faire son chemin naturellement.

Accepter sa douleur et faire face

La Sophrologie donne des outils pour évacuer les symptômes, mais elle ne changera pas la souffrance, elle apprend à mieux cohabiter avec le vide et l'absence.

Mais la difficulté première est d'affronter sa douleur, de rejeter le déni et l'anesthésie, processus nécessaire à la guérison et il faut être prête à le faire!

L'apport de la Sophrologie pour faire le deuil

Toute une période de décompensation est à prévoir, la maman va passer sur plusieurs étapes, le choc, le déni, la colère, la douleur et l'évitement. Mais tous ces sentiments sont naturels et ont leur raison d'être. Il lui faut faire plusieurs deuils, dire au revoir à l'enfant et faire son deuil quant à sa maternité. Et pour certaines qui sont en parcours de procréation médicalement assistée ou qui ont des grossesses difficiles et pathologiques, le parcours du combattant est soldé par un deuil à l'appui: une triple violence!

La Sophrologie reconnecte la maman endeuillée à son corps qui a porté et perdu l'enfant et à ses émotions. Une prise de conscience dans la douleur mais nécessaire pour son parcours de reconstruction.

Résilience en action

Comme le terme en latin l'indique, Résilience signifie "Risalire", s'en sortir, et tout dépendra des ressources que l'on va accompagner. C'est un parcours qui reste très personnel et qui doit tenir compte d'une certaine écologie des étapes. Car ici cette souffrance est la plus souvent accompagnée d'un état de stress post traumatique (qui nécessite une prise en charge psychologique).

La sophrologie permet de s'ancrer dans l'ici et maintenant pour ensuite se projeter pour "guérir".

Tout passe par le corps, l'expérience et la résilience de la personne. Apprendre à s'écouter, à accepter, à revivre pour ensuite transformer cette douleur en force. Pour casser le film traumatique d'une souffrance à l'infinie, car l'enfant ne reviendra pas.

Accepter son corps et ses limites, il a donné la vie et la mort, mais parce que c'était dans l'ordre des choses, il ne devait pas vivre.

Prendre conscience de cela, l'accepter, mettre de la douceur et des raisons sur cet inéluctable, c'est un pas vers la rédemption.

Apprendre à respirer, à se concentrer, à se reconnecter à son corps, puis accepter de laisser partir.

En séance, je vais travailler sur la perte, l'acceptation de ce qui est, la projection positive dans l'avenir.

Elle pourra envisager une nouvelle maternité...et croire en son corps et ses capacités de vie.

Apprendre à aimer ce corps et ne plus culpabiliser qu'elle n'a pas pu donner la vie durablement, qu'elle en était incapable!

Un vrai travail sur soi pour enlever tous les stigmates de ce post partum, pour amener plus d'amour et de bienveillance sur soi.

Les séances de sophrologie peuvent être individuelles ou en groupe. Mais dans le cas d'un deuil périnatal, il est important de penser à l'accompagnement individuel, cela reste un voyage personnel douloureux mais salutaire.

Les séances de groupe avec d'autres parents endeuillés, comme certaines associations le proposent, sont possibles.

Pour retrouver ses conseils: www.feriel-berraies-therapeute.com

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