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04/12/2015 03h:10 CET | Actualisé 04/12/2015 03h:16 CET

Des andalous d'élites en Algérie : Ousta Moussa, Achchouwaihad et les autres...

C'est un andalou du nom de Ousta Moussa, ou M'âallam Moussa, et son fils qui ont mis fin à la pénurie d'eau à la casbah d'Alger vers 1611, lors de l'arrivée des dernières vagues des moriscos à partir de 1609 jusqu'à 1614. Ils ont relié les riches sources de Ain-Zabboudja, de Bir Traria, d'El-Hamma et de Oued M'ghassel (Frais-Vallon) à la ville de Sidi Ethaâlibi par un système de canalisation des plus développés de l'époque à l'échelle internationale.

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C'est un andalou du nom de Ousta Moussa, ou M'âallam Moussa, et son fils qui ont mis fin à la pénurie d'eau à la casbah d'Alger vers 1611, lors de l'arrivée des dernières vagues des moriscos à partir de 1609 jusqu'à 1614.

Ils ont relié les riches sources de Ain-Zabboudja, de Bir Traria, d'El-Hamma et de Oued M'ghassel (Frais-Vallon) à la ville de Sidi Ethaâlibi par un système de canalisation des plus développés de l'époque à l'échelle internationale.

C'est aussi le fameux artisan ébéniste connu à Alger de Lablabtchi (الّلبْلاَبْتِشي), selon Albert Devoulx, (mauvaise transcription de Lablatji البلاطجي), d'origine andalouse, qui a fabriqué et orné le fameux portail de la mosquée Ketchawa de l'époque qui fait aujourd'hui la fierté du musée des antiquités à Alger.

Et ce sont des familles venues d'Andalousie qui vont occuper les fonctions d'élites tout au long des siècles à venir jusqu'à la colonisation, particulièrement dans les domaines religieux et culturels. A Alger, les Ben Ammar, Ben Echchahid, Ben Negro, Ben Lekbabti et autres ont occupé les devants de la scène littéraire, ainsi que celle du fiqh et de la jurisprudence.

Aussi, les arts, la calligraphie entre autres, ont bénéficié d'un nouveau souffle avec l'arrivée des styles et modes andalous. Belkacem Saadallah affirme, en citant Ibn Khaldoun, que la calligraphie et le scribe ont adopté le style andalou, très en vogue en occident musulman, et qui est devenu prédominant au Maghreb: il est appelé Al-Khatt Al- Maghribi.

fontaine alger
On se désaltère à une des fontaines gérées par Lamaallam Moussa ou Ousta Moussa Al-Andalouci Al-Himyari

Un style jalousement préservé par la fameuse maison d'édition "Rodouci et frères" qui continue jusqu'à nos jours de le perpétuer dans ses différentes éditions du saint Coran à la rue de la Lyre au cœur de la Casbah d'Alger.

Nous retrouvons parmi l'avant-garde de Tlemcen à côté des Boumedienne et Mohammed Bensahla, Mohamed Ben M'saieb et Said El-Mandaçi, d'autres noms illustres de renommé mondiale tels que Yahia Ibn Khaldoun, frère du fameux monument de l'Histoire et la sociologie Abderrahmane Ibn Khaldoun, enterré dans cette ville zianide, Mohamed Benyoucef Al-Ththaghri et Abou Abdallah Ibn-Khamis...etc.

De même, l'élite industrielle et commerciale est dominée, comme l'atteste l'historien N. Saidouni, entre autres, par "El-Houki Ben Mohamed Al-Andalouçi, El-Haddad Mohammed Al-Andalouçi, le fabricant de Chechias El-Hajj Ali Ben Hassen Al-Andalouçi, le M'âllam des fontaines publiques (معلم العيون) Moussa, El-Hajj Ali Ben Ahmed El-Fihri,... ".

Sans oublier la richissime famille El-Chouwaihid qui a régné sur le commerce et le marché de l'immobilier d'Alger pendant très longtemps. Famille dont le doyen Said El-Chouwaihid a commencé sa carrière comme Raïs dans la marine du pays. Puis son fils unique El-Hajj Soulaymân El-Chouwaihid devient vers 1642 "un des plus grands marchands de la cité, sinon le plus riche."

Ce qui lui a ouvert largement les portes de Majliss Ettoujjar (Conseil des Marchands) présidé par le juge (qadi) malékite et dont il devient un de ses cinq membres. A cette époque trois de ses cinq membres sont des andalous. Plus tard, son fils Yusuf ibn El-Hajj Sulayman ibn Said Chouwaihid arrive à la consécration de "Amin Al-Hiraf" ou syndic des métiers qui est le sommet de la hiérarchie marchande de l'époque.

Cette position économico-administrative prestigieuse des El-Chouwaihid ouvre également à certains de leurs membres ou de leurs descendants les portes de l'accès au leadership suprême de la communauté andalouse d'Alger de l'époque, à savoir le statut de : "Cheikh Jamaâat al-Andalous" (Chef de la communauté andalouse).

Faut-il signaler aussi qu'à la même époque le Naqib (Syndic ou chef de la corporation) des maçons est un andalou. Et que, selon Grammaye, 600 valenciens arrivés "récemment" de Valence en Espagne...travaillaient à Alger dans l'industrie de la soie (16ème et 17ème siècle).

La réussite socio-économique s'est accompagnée d'alliances familiales avec les notables ottomans détenteurs du pouvoir politique local. Ainsi "un certain nombre de Pachas se sont mariés avec des andalouses à l'instar de Hadj Béchir Pacha dont la fille est devenue la femme de Caïd Daoud "

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