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02/12/2015 05h:01 CET | Actualisé 02/12/2015 05h:19 CET

Au 19ème siècle, des Syriens à Alger

Les Syriens d'Alger se bornaient d'abord à la vente des objets qu'ils recevaient de leur pays, et qui plurent aux habitants d'Alger et aux étrangers; leurs plateaux ronds, surtout, étaient de beaucoup supérieurs, comme goût et finesse d'exécution, aux anciennes Senioua (سْنيوَة) étamées et couvertes d'ornements turcs, avec bords relevés en festons. Le succès ayant couronné leur tentative, ces maisons firent venir des ouvriers pour travailler sur place. Installés devant leurs boutiques, ils gravaient, repoussaient et martelaient, sous les yeux mêmes du public. C'était une réclame habile. Elle réussit parfaitement.

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Des Syriens à Alger? On en parle depuis la plongée de leur pays dans un drame terrible. Mais les syriens ont une vieille histoire avec Alger. Comme nous le rappelle cet extrait du livre de Paul Eudel, titré "l'orfèvrerie algérienne et tunisienne."

"....Depuis quelques années, des Syriens sont venus s'installer place Malakoff (*) et rue Bruce (**), à Alger, pour faire le commerce des cuivres, suivant les procédés inventés par Malik Eddahr ; cette industrie, peu pratiquée pendant des siècles, a pris, depuis une trentaine d'années, un développement considérable.

Les Syriens d'Alger se bornaient d'abord à la vente des objets qu'ils recevaient de leur pays, et qui plurent aux habitants d'Alger et aux étrangers; leurs plateaux ronds, surtout, étaient de beaucoup supérieurs, comme goût et finesse d'exécution, aux anciennes Senioua (سْنيوَة) étamées et couvertes d'ornements turcs, avec bords relevés en festons.

Le succès ayant couronné leur tentative, ces maisons firent venir des ouvriers pour travailler sur place. Installés devant leurs boutiques, ils gravaient, repoussaient et martelaient, sous les yeux mêmes du public. C'était une réclame habile. Elle réussit parfaitement.

Leur fabrication consistait en grands plateaux (sni, syrien et arabe); plateaux simples (soder); petits guéridons en cuivre (skemla,syr.) ; -- cafetières (doleh, syr.; beqradj, ar.) ; - suspensions (fanouss, syr.) ; -- bassin (toucht, syr. ; liane, ar.); - aiguière (briq, syr. et ar.)*; -- lampadaire (chamâadhan, syr.; mesbali, ar.) ; -- lampe (mesredjeh, syr.) - brasero (menguela); - assiette en cuivre (sehane, ar.);-- jardinière (bâtia, syr.) ; --vase-mendiant (kolak), en forme de nacelle, servant aux pauvres à recevoir leurs aumônes.

L'alliance de l'art Algérois à l'art Syrien

Tous ces cuivres, exécutés sur des dessins syriens ou persans, brillaient, accrochés sur le devant ou blindaient d'une véritable armature la façade des boutiques. Ils attiraient les regards des passants comme des miroirs aux alouettes. Leur réussite décida les Syriens à demander dans leur pays de très bons ouvriers. Ce sont de véritables artistes, récemment arrivés de Damas qui depuis, font de fort belles choses, avec peu d'outils....

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Ce n'est pas encore une industrie locale, mais elle tend à le devenir. Les Syriens actuels feront école, et ils auront importé à Alger une spécialité nouvelle. On ne saurait trop encourager leurs efforts. Ils s'appellent E.ZAGHA et SS. NASSAM, de Damas. Le premier a dernièrement créé une tassa incrustée d'or qui est une merveille d'exécution. C'est l'alliance de l'art Algérois à l'art Syrien....".

(*) Malakoff, au niveau de la place des martyrs à Alger

(**) La rue Bruce se trouvé à quelques pas de la mosquée Ketchawa à la basse Casbah d'Alger.

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