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14/05/2015 09h:16 CET | Actualisé 14/05/2016 06h:12 CET

Un nouveau coup d'Etat se profile au Burundi

"Quand la case de ton voisin brûle..."

L'Afrique n'est pas guérie de ses maux! Selon plusieurs sources médiatiques, les esprits sont depuis quelques heures surchauffés au Burundi. Un groupe de soldats putschistes, dirigé par le général Godefroid Niyombare tente de renverser le président Pierre Nkurunziza.

Ces dernières semaines, des manifestations violentes secouent le Burundi, pays voisin du Rwanda. Le Burundi est quasi divisé en deux: une partie de Burundais s'oppose radicalement au troisième mandat que veut briguer le président actuel Pierre Nkurunziza. Une autre partie, celle de partisans, soutient indéfectiblement la candidature de l'actuel président.

En Afrique, certains présidents en exercice ont du mal à quitter le pouvoir malgré les textes de lois assez précis sur le nombre de mandats autorisés. Par tous moyens, ces présidents en fin de leur mandat veulent s'accrocher, prétextant que cela émane de la volonté du peuple ou avançant vaille que vaille d'autres arguments qui ne tiennent plus la route.

Ne pas vouloir respecter les textes de lois ou vouloir les manipuler à tout-va, cela ne peut que conduire aux chaos. Quand la population et d'autres organes étatiques commencent à n'en plus pouvoir, tôt ou tard, les conséquences ne tardent pas à se manifester.

Pour le cas du Burundi, on ne peut que désormais souhaiter l'arrêt des armes et le retour au calme absolu pour éviter le bain de sang dans cette région de l'Afrique centrale déjà fragile.

"Quand la case de ton voisin brûle, hâtes-toi de l'aider à éteindre le feu de peur que celui-ci ne s'attaque à la tienne", (dit un proverbe africain).

La situation du Burundi peut désormais servir de leçon à toute la région. Le Rwanda ayant des similitudes avec ce pays frère est sans doute le premier concerné. La question du troisième mandat présidentiel se pose au Rwanda, sous une autre forme. Selon les médias progouvernementaux, les Rwandais souhaiteraient la révision de la constitution pour permettre au président Kagame de se représenter. L'opposition opérant surtout à l'étranger, quant à elle, ne l'entend pas de cette oreille.

Toujours sous le choc du génocide et d'autres massacres ayant fortement traumatisé les Rwandais, ces derniers convaincus ou non, préfèrent pour l'instant s'accorder à tout prix aux tendances des gouvernants sans oser, même légitimement, s'opposer ou proposer.

La meilleure façon de conduire le pays pour l'intérêt du peuple, c'est avant tout savoir et pouvoir partager le pouvoir, conformément aux lois régissant le fonctionnement des institutions.

Le Rwanda n'est donc pas en bonne place pour se moquer des Burundais. Le gouvernement Rwandais est plutôt en pole position pour apprendre du Burundi et ainsi éviter des erreurs dont les voisins sont actuellement victimes.

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