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17/07/2017 08h:44 CET | Actualisé 17/07/2017 08h:51 CET

L'aéroport Mohammed V, un exemple de mauvaise gestion

Un aéroport bien géré anticipe les différentes situations, aussi bien celles de faible affluence de voyageurs que celle de forte affluence.

Pour avoir voyagé récemment, j'ai eu l'occasion de comparer quelques aéroports internationaux avec celui de Casablanca. À coup sûr, cette comparaison n'est pas en sa faveur.

Les managers de l'aéroport, au lieu de prévoir la forte affluence des mois de juillet, août et septembre afin de la rendre fluide, contribuent par leur mauvaise gestion à créer une vraie pagaille que n'arrange pas l'arrivée de plusieurs avions en même temps.

Jugez-en.

Tout d'abord, le passage à la police des frontières à l'arrivée à l'aéroport a été une rude épreuve, tant les voyageurs venus de différents horizons étaient nombreux et l'odeur de leur sueur était, à son tour, cosmopolite.

Après cette épreuve, l'attente des bagages a commencé dans un brouhaha digne de nos plus anciens hammams. Les voyageurs les plus indisciplinés étaient ceux qui revenaient de la Omra*, où ils ont acquis l'art fatal de jouer des coudes et de ne pas respecter l'ordre de la file, sans parler de la quantité impressionnante de leurs bagages.

Et là s'est retrouvé le plus grand problème de ce retour. Comme chacun sait, les chariots sont indispensables pour faciliter le transport des bagages et, en général, ils sont mis, en quantité suffisante, à la disposition des voyageurs dans différents endroits et particulièrement à proximité du déchargement des bagages.

Dans notre grand aéroport international, que nenni: aucun chariot n'était visible à l'horizon. Comme tous les voyageurs étaient à la recherche d'un chariot, il régnait une atmosphère de souk hebdomadaire et des batailles rangées se sont improvisées tant les voyageurs étaient prêts à s'étriper pour récupérer les rares chariots qui se libéraient. Avec cela, les policiers observaient, placides, la pagaille ambiante et l'air ahuri des voyageurs venant de pays développés, sans qu'aucun d'eux ne prenne l'initiative de réguler l'arrivée des chariots ou du moins d'appeler un responsable pouvant le faire.

Après avoir, les cheveux en bataille, récupéré un chariot, il a encore fallu attendre les bagages qui arrivaient au compte-goutte avec, de temps en temps, des pannes du tapis roulant.

Les bagages enfin dans le chariot, je me dirige vers la sortie, mais là surgit un autre os: une seule issue était disponible et il fallait la partager avec ceux qui revenaient donc de la Omra et leurs grandes familles qui venaient les accueillir avec l'excitation qui se doit lors du retour de l'accomplissement d'un rite religieux. Pour avancer, il fallait attendre que l'épanchement émotionnel se tarisse et les familles étaient nombreuses!

Enfin, je suis dehors mais vite rattrapée par les rabatteurs de taxis qui insistent ou plutôt harcèlent et ce n'est qu'une fois installée dans une voiture que je pousse un soupir de soulagement tant mes épreuves ont été nombreuses.

J'ai essayé de les raconter avec humour quoique sur le moment, je n'en avais pas un brin. Je voudrais vous prendre à témoin et poser de simples questions aux managers de cet aéroport.

Est-ce qu'il leur est si difficile d'acquérir un nombre optimal de chariots et, surtout, de veiller à ce que les porteurs n'en organisent pas la pénurie afin d'obliger le voyageur à avoir recours à eux?

Leur est-il possible, de faire en sorte, comme dans les autres aéroports internationaux, que les bagages arrivent rapidement sur le tapis roulant et que celui-ci n'ait pas de pannes fréquentes?

Quand il y a une arrivée massive de voyageurs, il me semble logique qu'il y ait plusieurs issues: pourquoi ce n'était pas le cas?

Et est-ce si ardu d'organiser l'accès aux taxis en faisant en sorte qu'ils aient une file qui leur soit dédiée à la sortie et que les chauffeurs ne soient plus obligés d'harceler les éventuels clients puisqu'ils devraient attendre leur tour?

Au vu de ce qui se passe à l'aéroport Mohammed V, il est clair qu'il souffre d'une mauvaise gestion aigüe.

* Visite des lieux saints de l'islam hors saison du haj

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