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17/11/2015 13h:29 CET | Actualisé 17/11/2016 06h:12 CET

La lumière du coeur face à la terreur

ATTENTATS - De Sousse à Nairobi, de Beyrouth à Paris, de Tunis à Ankara, de Sidi Bouzid à Raqqa, les larmes et les peines sont les mêmes: musique universelle d'un monde en détresse.

Le 13 novembre une ombre s'est penchée sur la ville lumière, une ombre trainant avec elle les détonations et les déflagrations qui pendant l'espace d'une soirée voulaient faire taire les rires des rues. Une ombre pensant pouvoir effacer les couleurs d'une ville qui n'a jamais cessé de rayonner dans nos cœurs et dans nos têtes.

Une ombre qui dans son dessein morbide au-dessus du monde se démène pour faire disparaitre ce qui uni les hommes et fait raisonner leurs âmes: un verre partagé en terrasse, un sourire sur une plage, une danse devant une scène, une émotion face une mosaïque romaine.

7 janvier, 18 mars, 26 juin, 12 novembre, 13 novembre, les dates et les lieux diffèrent, mais la souffrance elle reste la même. La douleur ne connait ni frontière, ni langue, ni nationalité, ni religion.

De Sousse à Nairobi, de Beyrouth à Paris, de Tunis à Ankara, de Sidi Bouzid à Raqqa, les larmes et les peines sont les mêmes: musique universelle d'un monde en détresse. L'angoisse essaye de faire le siège des cœurs, la peur tente de s'installer au fond des êtres pour y verrouiller de l'intérieur ce qui par nature n'est censé être qu'ouverture sur la vie.

Car c'est bien de cela dont il s'agit, il est là le but ultime de ces escadrons de la mort: noircir les cœurs, nourrir la haine et semer la discorde pour préparer le terrain à leur commerce morbide. Ils sévissent là où l'espoir est mort, dans ces eaux troubles de l'espace et du temps où le mot vie n'a plus de signification, où les âmes se sentent exclues d'un monde qui ne veut pas d'elles.

Les parcours sont similaires, la délinquance leur promet l'argent qui leur donne l'illusion d'exister, puis le fanatisme religieux vient donner un sens à leurs vies d'égarement et fait naitre une pulsion de mort increvable. Cette pulsion qui les laisse tuer de sang froid, à bout portant, sans le moindre signe de fléchissement, la main ferme et l'œil glaçant.

Pour ma part je laisse l'analyse sécuritaire à ceux qui s'autoproclament experts et le déchiffrage géopolitique à ceux qui derrière leurs écrans mettent à nu tous les complots de la terre. Je laisse les stratèges dévoiler les plans secrets qu'eux seuls connaissent et les théories basées sur des certitudes qu'ils sont les seuls à avoir.

Mon unique conviction est que cette ombre ne commencera à se dissiper que quand nous tenterons véritablement de comprendre les conditions, les faits, les situations qui poussent un être humain à se désengager de la vie en entrainant avec lui des âmes innocentes.

Nous ne commencerons à traiter le véritable mal, que quand nous comprendrons pourquoi une parole horriblement sectaire, remplie de haine séduit désormais des jeunes comme moi, comme toi, comme ton fils ou ta fille et arrive à les convaincre que la promesse d'un au-delà arraché au prix du sang vaut mieux que l'amour d'une mère et l'espérance d'un avenir sur terre.

Entre-temps répondre à l'horreur par la haine, la stigmatisation et l'amalgame ne seraient que semer des graines dans les champs de la terreur, et nourrir cette ombre qui veut par dessus tout éteindre la lumière qui jaillit de nos cœurs, comme du haut de la tour Eiffel...

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