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14/03/2018 05h:05 CET | Actualisé 14/03/2018 06h:02 CET

Supprimer la séance unique: C'est 10 Millions TND en consommation d'électricité, une entrave à la création d'emplois, une baisse de la productivité et du PIB

Westend61 via Getty Images

Avant d'annoncer ou de suggérer à la diable, une mesure, il est impératif d'en évaluer l'impact économique et social: c'est élémentaire!

Récemment, certains entonnent, derechef, le refrain de la suppression de la séance unique des deux mois d'été et de celle du saint mois de Ramadan: en a-t-on jamais évalué les retombées économiques?

À ce propos, il est utile de rappeler que, pour un régime de 40 heures par semaine, les tunisiens travaillent en moyenne 1710 heures légales par an, séance unique comprise, et je dis bien "LÉGALES" : Soit prés de 50 heures de moins que la moyenne mondiale qui est d'environ 1 760 heures !

Plus on travaille et moins on est productif

Dans son dernier rapport de 2017, Expert Market révèle le classement des pays les plus productifs du monde.

La conclusion phare de ce rapport c'est qu'un faible nombre d'heures travaillées par an peut avoir un impact positif sur la productivité.

En effet, certaines des plus puissantes économies du monde sont parmi les pays travaillant le moins d'heures.

Cette thèse semble aussi s'appliquer aux pays qui travaillent le plus : Les citoyens du Mexique sont classés parmi les plus grands travailleurs du monde, suivis par ceux du Costa Rica, de la Grèce et du Chili. Ironiquement, ces mêmes pays sont les moins productifs de la planète.

Ironiquement, les allemands qui ne travaillent que 1370 heures par an contre une moyenne mondiale d'environ 1760 heures, voient leur pays classé parmi les 6 pays les plus productifs de la planète.

Augmentation de la consommation en électricité

Il est vrai que sur le plan écologique et énergétique, travailler 6 ou 8 heures par jour, la pollution de l'air et les émissions de dioxyde de carbone dues au transport sont pareils.

Néanmoins la consommation en électricité augmente assez sensiblement.

Sans faire dans le détail, connaissant les paramètres suivants, avec de simples hypothèses de calcul, on peut estimer le surplus de consommation en électricité que générerait la suppression de la séance unique :

Consommation annuelle en électricité par habitant.

Coût Moyen du KWH.

• Nombre d'affiliés actifs CNRPS et CNSS.

Vous pouvez retrouver tous les chiffres via les liens suivants:

Ainsi, avec la suppression de la séance unique, mes estimations donnent une facture supplémentaire d'électricité de l'ordre de 10.000.000 TND au bas mot.

Avec des étés qui deviennent de plus en plus chauds, la consommation en électricité serait bien plus importante dans les années à venir.

Et d'ajouter, que l'augmentation du nombre d'heures de travail en pleine canicule et en plein mois de jeune, ne donnerait pas un coup de fouet pas la productivité, comme aiment le croire certains "experts": Plutôt le contraire, la productivité diminuerait inexorablement.

Réduction du temps de travail: une tendance mondiale

Plusieurs pays avancés, dont la France, avaient réduit le nombre d'heures de travail.

C'est les gains de productivité qui contribuent à la réduction de la durée légale du temps de travail et à la création d'emplois.

Ainsi, travailler plus sans gains de productivité, voire une baisse de celle-ci, est une grande entrave à la création d'emplois.

Dans la même veine, tout récemment la Corée du sud a voté une loi pour la réduction du temps de travail légal dans la fonction publique, pour passer de 68 heures à seulement à 52 heures par semaine pour améliorer la qualité de vie de ses citoyens et créer des emplois!

Conclusion

Avant de penser à supprimer la séance unique, il serait bien plus sensé de concevoir et d'arrêter une stratégie nationale pour augmenter la productivité, le taux de travail effectif et résorber le fléau de l'absentéisme et des grèves souvent injustifiées et les millions de Homme x heure de travail perdues en conséquence.

La productivité est la principale génératrice de richesses, d'emplois et de croissance économique et conséquemment du PIB.

En ces temps ingrats, le pays titube somnambuliquement vers l'apocalypse, et chaque décision doit être mûrement réfléchie. Malheureusement, les responsables n'ont toujours pas pris le vent.

In fine, je dois admettre que mon argumentaire n'est pas inébranlable, mais ça donne matière à réflexion.

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