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18/02/2018 05h:42 CET | Actualisé 18/02/2018 05h:43 CET

L'audiovisuel en Algérie: quels programmes pour quel public?

simpson33 via Getty Images

L'ouverture de l'audiovisuel au privé en Algérie est une arme à double tranchant. Depuis quelques années, on voit la prolifération de chaînes de télévisions qui envahissent le champ médiatique avec une variété de programmes qui vont dans la droite ligne d'une idéologie rarement dissimulée.

Au début, l'ouverture de ce secteur clé (les médias) dans toute République qui prône la démocratie constitue un retour aux valeurs de son fondement. Les médias sont l'image, le reflet de tout Etat. L'histoire montre avec de multiples exemples comment font les Etats autoritaires et dictatoriaux pour contrôler les médias à travers lesquels ils véhiculent leurs idéologies et répandent leurs visions du monde. Ils façonnent, par ricochet, la vision du monde et l'idéologie du peuple qui gobe les programmes et les idées reçues par cet ogre (la télévision) qui pénètre dans l'intimité de tous les foyers.

Le pouvoir algérien a, depuis l'indépendance du pays, contrôlé les médias (presse écrite, télévision, radio, etc.) à travers lesquels il répand son idéologie. Le premier secteur qui a goûté à ce brin de liberté est la presse écrite au début des années 1990. Toutefois, malgré cette libération et cette ouverture, il est plus que nécessaire de fureter dans ce grand tas qui envahit les kiosques au quotidien afin de dénicher la bonne graine parmi tout un fatras qui ne fait que gaspiller le papier rempli de sornettes.

Avec l'ouverture de l'audiovisuel au secteur privé, on a reçu cela comme une avancée, un pas en avant obtenu après tant de combats. Il a libéré la parole et permis à des investisseurs soucieux par la liberté d'expression de créer leurs chaînes ou leurs groupes. Toutefois, ceci n'est pas sans conséquences désastreuses sur le téléspectateur qui reçoit certains programmes conçus pour le seul divertissement et dépourvus de toute réflexion philosophique ou scientifique afin d'enrichir le débat et faire avancer les mentalités.

Certaines émissions donnent la parole à des charlatans de la pensée dans des débats qui ressemblent plus à des combats de coqs qu'à des réflexions scientifiques censées trouver des solutions à ces problèmes multidimensionnels qui rongent le pays. Ces émissions -ou ces chaînes- ont libéré la parole, certes, mais sans faire le tri.

Pis encore, cette ouverture de l'audiovisuel est accompagnée en Algérie par l'arrivée de l'internet à profusion à travers les opérateurs téléphoniques qui ne lésinent guère sur les offres alléchantes afin d'appâter le citoyen, attirés qu'ils étaient par le seul profit matériel. Désormais, tout le monde peut créer sa page Facebook, sa chaîne YouTube, son blog, voire même son propre site internet. Il s'agit d'une avancée, certes, mais qui se trouve jalonnée par des idéologues de tout genre dont la mission va au-delà du souci d'informer et opte pour l'influence et les prêches haineux.

Pour conclure, on estime qu'avant de parler de liberté, il faut d'abord la définir, connaître son sens afin qu'elle ne se transforme pas en anarchie. Les lois régissent la liberté et soutiennent la pérennité de tout Etat bâti sur le droit, légalité et le respect.

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