MAROC
16/12/2015 05h:16 CET | Actualisé 16/12/2015 06h:27 CET

In memoriam: Zoulikha Nasri, le cœur et la raison

ABDELHAK SENNA via Getty Images
La conseillère du roi Zoulikha Nasri n'est plus

DÉCÈS - Première femme conseiller d’un roi du Maroc, Zoulikha Nasri s’est éteinte ce matin à Rabat des suites d’un accident vasculaire cérébral.

Née en 1945 à Oujda, cette juriste de formation, docteur d’Etat spécialisé dans les assurances, a fait la majeure partie de sa carrière dans la haute fonction publique marocaine.

Pour beaucoup, elle aura surtout été le visage emblématique de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, dont elle fut la cheville ouvrière dès sa création en 1999, aux côtés du roi Mohammed VI, alors prince héritier. Cinq ans plus tard, elle était la première sur place lors séisme meurtrier qui avait frappé la ville d'Al Hoceima, au chevet des victimes.

Mme Nasri a intégré au début des années 70 le ministère des Finances, au sein duquel elle grimpa tous les échelons jusqu’à être nommée directrice des assurances en 1994. Elle obtient en 1997 un maroquin ministériel, devenant secrétaire d’Etat à la solidarité au sein du gouvernement d'Abdellatif Filali. Un an plus tard, elle est nommée conseiller du roi Hassan II, position qu’elle conservera avec son successeur, Mohammed VI.

Au sein du cabinet royal, Zoulikha Nasri était en charge des grands dossiers transversaux à caractère social, ce qui en faisait l’un des conseillers au champ d’action le plus large. A ce titre, elle effectuait le suivi des chantiers sociaux dans toutes leurs composantes: protection sociale, réinsertion, aménagement urbain, formation professionnelle etc.

"Un personnage à part au sein du cabinet royal"

Connue pour son énorme capacité de travail et les longues heures empilées au sein de sa tour de contrôle nichée au cœur du Méchouar de Rabat, Zoulikha Nasri était également réputée pour sa persévérance lorsqu’un objectif lui était fixé.

Selon un fin connaisseur des arcanes du palais royal, contacté par le Huffpost Maroc, Mme Nasri était un "personnage à part au sein du cabinet royal, elle incarnait ce style de gouvernance propre aux serviteurs immémoriaux du trône, empreint tour à tour d’autorité et de compassion, passant de moments d’extrême rapidité et de tension dictés par l’action, puis de prise de recul pour appréhender la vision globale".

Toujours selon la même source, avec son départ, c’est également un symbole du "passage de flambeau entre le règne de Hassan II et celui de Mohammed VI" qui s’en va. La défunte devrait être inhumée cette après-midi au cimetière des Chouhadas de Rabat après la prière d’Al Asr.

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