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06/07/2019 17h:08 CET | Actualisé 06/07/2019 17h:08 CET

Zkara, dégoutage et autres fariboles

Daniele Allegri

Ecrire contraint à rattraper les mots, à les rassembler dans un panier percé, qui procure souvent un doux vertige .

Il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, une journaliste a demandé la traduction du mot Zkara, en prenant la précaution de préciser que c’était pour un journal sérieux 

Zkara ? Les réponses ont aussitôt fusé.

Pays de lentêtement, 

Pays malveillant, 

Pays des entraves

Spiteful

Pays de fourberie

Pays de larbitraire où règne la loi de lindividu le plus fort

Faire chier exprès par méchanceté ou par défi

Pays de la petite vengeance 

Pays dintentions négatives, 

Sabotage

Et on termine par le fameux digoutage.

Que dire de ce miroir tendu où s’égrènent toutes les blessures du citoyen algérien durant toutes ces années passées. Que dire de limage de soi que nous tendent ces mots ? Quelles larmes pourraient-t-on verser en vain ? Quelle rage faut-t-il étouffer ? 

Autre lieu, autre jour, la Diaspora sur les écrans dArte dans un film de Julie Peyrad intitulé La promesse de laube. Des images léchées, certaines récupérées sur Facebook (celles de lintérieur du pays), une voix off qui nous fait le récit avec tous les clichés entendus depuis le début du Hirak dont le fameux révolution du sourire

Des clichés sur les islamistes (dénoncé par ailleurs par l’écrivain et journaliste Adlène Meddi), des jeunes filles en fleur et des intervenants ou ”des experts” comme cela a été écrit dans les réseaux . 

Certains sont mieux traités que dautres et cest selon la thèse développée. Certains sont bien maquillés, posés dans un décor lumineux et leur discours est plaisant, voire plus, pour la ligne éditoriale dArte : les islamistes sont hideux, les jeunes filles sont belles, surement intelligentes, un ton un rien arrogant pour lune dentre elles, bien sur, et, surtout non voilées. 

On fait le procès de lancien président (normal qui va le défendre ? Ni ses ex-valets, ni son bilan ! On ne parle pas du système quil a installé et qui perdure jusqu’à aujourdhui et Benflis trône dans son bureau.

Lorsquon connait les codes de la société française et de leurs médias on sait que pour y figurer, il faut simplifier sa pensée, produire un discours peu ou prou islamophobe , parler de la libération de la femme telle quon la voit en France ou appartenir à certaines écuries universitaires qui nous distillent la bonne parole… 

Alors me vient lenvie de relire Abdelmalek Sayad qui mettait en garde ses compatriotes sur leur désir de plaire, dexister dans le miroir que leur tend une certaine France me vient aussi lenvie entêtante dun champ livré à la rosée et dune chanson les trompettes de la renommée de Brassens