01/07/2018 20h:09 CET | Actualisé 01/07/2018 20h:09 CET

Zéro Mika: Deux ans après l'adoption de la loi, plus de sacs en plastique (ou presque) sur le marché marocain

L'opération a porté ses fruits.

Maren Winter via Getty Images

ENVIRONNEMENT - La loi n°77-15, qui avait d’abord surpris les Marocains, est entrée en vigueur il y a exactement deux ans. Aujourd’hui, cette loi qui interdit l’usage des sacs en plastique a porté ses fruits. Le ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie Numérique annonce, dans un communiqué, que le sac en plastique est définitivement banni des segments de la moyenne et grande distribution et du commerce de proximité organisé.

Comme l’ont dû remarquer les consommateurs marocains, ces points de vente ont désormais recours à des alternatives pratiques “dont la demande a considérablement accrue”, selon le communiqué.

Malgré cette forte demande, l’offre des entreprises de production de sacs alternatifs a pu suivre le rythme. Ainsi en 2018, la production de sacs non tissés est passée de “1,8 à 3,2 milliards de sacs” et celle des sacs tissés “de 1 à 1,2 milliard de sacs”, d’après la MAP.

Pour assurer reconversion, le ministère rappelle la mise en place d’un programme d’accompagnement qui a bénéficié à 25 entreprises. Ces dernières avaient également pu “maintenir les emplois impactés [par la loi 77-15] mais aussi la création de 600 nouveaux postes” grâce à une prime de 65,4 millions de dirhams, poursuit la même source.

Une vingtaine entreprises ont quant à elle bénéficié du Programme Imtiaz “pour la production de solutions alternatives”, qui s’est élevé à 52,4 millions de dirhams.

Le sac en plastique rode toujours

Si le sac en plastique a été éradiqué des grandes et moyennes surfaces ainsi que des points de commerce de proximité, il reste cependant présent dans les souks et le commerce ambulant et non organisé “qui s’approvisionnent auprès de réseaux clandestins et de la contrebande”, selon le communiqué.

Au niveau des postes frontaliers, près de 90 tonnes de sacs en plastiques ont été saisies. Près de 760 tonnes d’autres sacs ont été retrouvés dans des unités et ateliers clandestins, lors des 682.467 opérations de contrôle effectuées en 2018, rapporte la MAP.

Au total, “3.826 infractions ont été constatées par procès-verbaux transmis aux Procureurs du Roi et 757 jugements ont été prononcés avec des amendes d’un montant global de 5 millions de dirhams”, précise le ministère.

Des sacs qui vont à l’encontre de la loi, mais qui sont par ailleurs nocifs pour la santé. Les contrôles effectuées ont ainsi permis de déterminer que les matières premières utilisées pour leur production proviennent “de plastique récupéré dans les décharges, ainsi que de matières premières hautement toxiques et nuisibles à la santé servant à la base à la production d’emballages de produits industriels divers, conclut le communiqué”, prévient le ministère.

L’utilisation de ces matières premières alternatives est en partie dû à la soumission à licence des importations de polyéthylène qui sert à la production de sacs en plastique. Ainsi, le volume d’importation est passé de 41.368 tonnes de janvier à mai 2017 à 28.495 tonnes durant la même période en 2018, soit une réduction de 31%, selon le ministère.

La loi n°77-15 interdisant la fabrication, l’importation, l’exportation, la commercialisation et l’utilisation des sacs en plastique, adoptée en novembre 2016 par les deux chambres, était entré en vigueur le 1er juillet 2016.