TUNISIE
30/10/2018 14h:20 CET | Actualisé 30/10/2018 14h:35 CET

Youssef Chahine: Le prodige égyptien devenu une icône internationale à l'honneur à la cinémathèque tunisienne

Un grand nom du cinéma à découvrir cette semaine à la Cinémathèque tunisienne.

Jean-Christian BOURCART via Getty Images

Il fut le plus célèbre des cinéastes arabes, Youssef Chahine, décédé en 2008, a su se faire un nom et une aura transcendant le Moyen-Orient. Son cinéma, construit par une quarantaine d’œuvres, était différent, se démarquait du lot des mélodrames populaires à l’époque en Égypte. 

Youssef Chahine, né Youssef Gabriel Chahine en 1926 à Alexandrie, a entamé pourtant sa carrière de cinéaste par des mélodrames, néanmoins ancrés dans les maux sociétaux. Il signait alors “Les Eaux noires” en 1956, un film sur la vie ouvrière, ou encore le célèbre film “Gare centrale” en 1958 dressant le portrait d’un vagabond, où il joue le personnage principal avec la sublimissime actrice Hind Rostom. 

Le ton est donné, reste à le peaufiner. Il enchaînait les films qui embrassaient les enjeux politiques qui tourmentaient l’époque avec le film “Djamila l’Algérienne”, un portrait de la militante algérienne Djamila Bouhired, puis “Saladin”, un film élogieux sur Jamel Abdenasser. 

Les années 70 marquent un tournant. Chahine, qui avait étudié le cinéma à Los Angeles, porte à travers ses films les clivages entre l’Occident et l’Orient. Il signe “Le moineau”, “Adieu Bonaparte”, ou encore  “Le Retour de l’enfant prodigue”. 

Durant les années 80, il prend la trajectoire des œuvres semi-autobiographiques. L’enfant d’Alexandrie renoue avec ses origines dans “Alexandrie, pourquoi?”,  “La Mémoire” ou encore “Alexandrie encore et toujours” . 

Chahine, qui faisait face à la censure, n’a cessé à travers ses films de dénoncer la sottise et le fanatisme. Des œuvres comme “Le destin”, “L’autre” ou encore “Le chaos”-sa dernière fiction- ont secoué à travers leur originalité, leur réalisme aussi sombre que beau, coloré d’idéalisme. 

Les films de Chahine sont les témoins des bouleversements du monde: l’anti-colonialisme, le socialisme, la lutte des classe, la place de l’intellectuel, la montée de l’extrémisme...

Son style jonglait aussi entre les influences cinématographiques de l’époque (italienne, soviétique). Il excellait dans le mélodrame et osait l’opérette. 

Youssef Chahine était un cinéaste, un réalisateur, un acteur et un producteur, mais aussi un découvreur de talents: il propulsait sur le grand écran Omar Shérif, Majda El Roumi, Latifa et bien d’autres.

Son ingéniosité fut vite décelée à l’international. Dès 1951, il est invité au Festival de Cannes avec son film “Le fils du Nil”. Il y retourne en 1997, sacré pour l’ensemble de son oeuvre. En Tunisie, dès 1970, les Journées cinématographiques de Carthage lui décernent le Tanit d’or pour ses œuvres.

Du 30 octobre au 3 novembre 2018, la Cinémathèque tunisienne lui rend hommage en organisant une rétrospective intitulé “Chahine Forever ” avec la projection de ses films phares. Une exposition de photographies et d’affiches est également prévue. Une occasion pour découvrir un monument du cinéma égyptien et arabe. 

Galerie photoYoussef Chahine en images Voyez les images

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