TUNISIE
11/04/2018 17h:28 CET

Youssef Chahed présente les sept grandes réformes pour sortir de la crise

Youssef Chahed lance le temps des réformes majeures pour faire sortir la Tunisie de la crise.

Face à un taux de chômage en hausse, un système fiscal inefficace et des dépenses publiques improductives en passant par des caisses sociales déficitaires et des dettes étranglantes, l’économie tunisienne peine à remonter la pente. Le pays, frappé par la crise depuis plusieurs années, se trouve incapable de faire front aux difficultés. 

“Des grandes réformes s’imposent” a martelé le Chef du gouvernement Youssef Chahed dans son allocution, prononcée à l’occasion de la tenue, mercredi, de la conférence nationale sur les réformes majeures. 

“Ce n’est pas un choix, c’est une obligation” a-t-il souligné en évoquant la nécessité de procéder en urgence aux réformes structurelles.

Avant de s’étaler sur les réformes à mettre en place pour sortir de la crise, le chef du gouvernement s’est attardé sur la situation économique critique de la Tunisie. 

Il a rappelé que durant ces dernières années tous les indicateurs économiques ont viré au rouge. “Même si l’économie tunisienne a connu, récemment, une embellie, cette dernière demeure largement insuffisante pour rétablir la croissance” a-t-il noté.

Revenant sur les dossiers chauds des réformes, Chahed a évoqué l’importance de revoir le système fiscal, le système de financement de l’économie, le système de compensation, la fonction publique, les institutions et établissements publics, les caisses sociales et la mise en place de la sécurité sociale, la modernisation de l’administration en plus d’autres réformes sectorielles.

Chahed a insisté sur la nécessité de mettre en place un système fiscal plus équitable, faisant du combat contre la corruption son cheval de bataille. Il a précisé que le fléau d’évasion fiscale est parmi les principaux dangers qui menacent la stabilité du pays. “La justice fiscale est une nécessité absolue” a-t-il annoncé. 

Il a estimé que l’absence de la stabilité fiscale a un impact négatif sur le climat de l’investissement.“La réforme fiscale dans la période à venir sera basée sur deux objectifs: la justice fiscale garantissant la contribution de toutes les parties aux recettes fiscales d’une manière équitable alors que le deuxième est de garantir la stabilité fiscale en vue d’améliorer la visibilité et le climat d’affaires au profit des investisseurs”.

Le Chef du gouvernement a, par ailleurs, abordé le déficit flagrant des caisses sociales. “Sauver ces caisses est une responsabilité commune” a-t-il poursuivi en précisant que pour combler ce déficit, le gouvernement injecte chaque mois 100 millions dinars. “Il nous faut une solution radicale” a-t-il répliqué.

Concernant le système de compensation, Chahed l’a qualifié d’injuste et de corrompu. En effet, selon ses dires, le fait d’accorder ce privilège sur un même pied d’égalité aux pauvres, aux riches, aux Tunisiens et même aux touristes est inacceptable. Il a fait savoir que 30% de cet avantage n’est pas dédié à la classe pauvre et moyenne en affirmant que “réformer la compensation ne veut pas dire l’annuler”.

En ce qui concerne la privatisation des entreprises publiques, Chahed a tenu à préciser que le gouvernement n’a pas l’intention de “n’a pas l’intention de les céder”, en faisant remarquer que l’approche du gouvernement est plutôt basée sur le diagnostic profond de ces dernières. 

“Toutes les informations relayées sur la cession dans le secteur public sont fausses” a-t-il tenu à préciser en notant que la Poste, les chemins de fer, la santé, l’enseignement, la STEG, la SONEDE et d’autres institutions publiques demeurent une ligne rouge. 

“Il y a une différence entre les entreprises publiques opérant dans les secteurs compétitifs et les autres entreprises publiques offrant des services de base au citoyen”, a-t-il répliqué.  

D’autre part, il a indiqué que la cession de certaines entreprises dont l’intervention de l’État n’est pas justifiée, pourrait au contraire, alléger les charges publiques et générer de nouvelles ressources pour l’État. 

Par ailleurs, Youssef Chahed a abordé les problèmes relatifs à la hausse de la masse salariale dans la fonction publique. Il a noté l’importance de mettre fin aux recrutement anarchiques et de faire baisser le taux de la masse salariale à 12,5% du PIB d’ici 2020. 

En conclusion, Youssef Chahed a adressé un message à l’UGTT qui a brillé par son absence lors de cet événement. Il a affirmé que la vision du gouvernement est une vision participative qui englobe les différents courants et se base sur le dialogue. Chahed a souligné l’attachement de son gouvernement au document de Carthage, estimant que les réformes sont un choix et une nécessité et aussi une solution pour rétablir la finance publique.

Il est à rappelé que le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabbboubi, a annoncé, dans une déclaration aux médias, mardi, que l’UGTT boycotte les travaux de ce forum, estimant qu’il (le forum) “perturbe le bon déroulement du pacte de Carthage”.

À son tour, le Front Populaire a décidé de boycotter cet événement en expliquant qu’il refuse d’être témoin de cet événement trompeur qui sert à faire passer les ordres du Fonds Monétaire International.  

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