TUNISIE
16/03/2018 19h:08 CET

"Youssef Chahed est politiquement fini" estime le porte-parole du Front Populaire Hamma Hammami

“Il est clair qu’ils avaient l’intention de se débarrasser de lui”

AFP Contributor via Getty Images

Invité de la radio Shems Fm, le porte-parole du Front Populaire Hamma Hammami a affirmé que le chef du gouvernement Youssef Chahed était fini politiquement.

“Il est clair qu’ils avaient l’intention de se débarrasser de lui” a-t-il affirmé en faisant référence aux signataire de l’Accord de Carthage, “un peu comme ils avaient fait avec Habib Essid”.

Pour Habib Essid, c’était l’issue était l’Accord de Carthage, pour Youssef Chahed ce sera la commission qui a été crée pour fixer les nouvelles priorités analyse Hamma Hammami.

“La question qui se pose est de savoir si la coalition au pouvoir et surtout la présidence de la République -qui est l’acteur principal de ces décisions- font tout ça pour réellement sortir le pays de la crise ou pas?” s’est-il interrogé avant de répondre: “Ma réponse est clairement non! Ils sont en train d’approfondir la crise”.

Pour le leader du Front Populaire, la présidence de la République ne veut pas d’un chef du gouvernement émancipé qui fasse son travail en dehors de sa tutelle: “Habib Essid a été limogé parce qu’il voulait avoir son mot à dire en tant que chef du gouvernement -comme le prévoit la Constitution-, le président de la République ne le veut pas”.

Concernant Youssef Chahed, la situation est ressemblante: “Ils l’ont mis là pour deux raisons: D’abord politiquement pour être l’enfant docile de la présidence de la République et pour travailler les intérêts de Nidaa Tounes. Puis économiquement -comme l’avait dit le Front Populaire- pour exécuter les ordres du FMI”.

 

Selon le porte-parole du Front populaire, le sort du gouvernement Chahed est scellé. “Chahed est politiquement fini,” a-t-il martelé. Ce n’est pas parce qu’il a échoué mais parce qu’il a subi l’échec de la coalition au pouvoir, représentée par Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, selon ses dires. 

Pour Hammami, l’heure a sonné pour Youssef Chahed. Il a estimé que le chef du gouvernement était acculé depuis un certain temps, et ce de tous les côtés, y compris de la part de milieux proches de la présidence et de Nidaa Tounes. D’après lui, un important clan au sein de Nidaa attend avec impatience son départ. “Pour eux, Youssef Chahed doit partir, car il n’a pas servi leurs intérêts” a-t-il dit en évoquant l’opération “mains propres” menée pour Chahed pour faire face à la corruption. À ses yeux, cela a vraisemblablement, gêné certains.

“Youssef Chahed n’a plus de carte à jouer”, a-t-il souligné. Pour Hamma Hammami, le chef du gouvernement se trouve désarmé. “Jouer la carte de la lutte contre la corruption ne pourrait rien changer” a-t-il noté en expliquant que sa guerre contre la corruption est sélective et considérée comme un règlement de compte personnel.

Selon le leader du Front, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) serait pour un remaniement ministériel imminent. “Certains dossiers épineux tels que les caisses sociales et les entreprises publiques sont en suspens,” a-t-il répliqué. 

Mardi, en marge de la réunion des signataires de l’accord de Carthage, plusieurs intervenant ont laissé planer le doute quant à l’avenir du gouvernement Chahed. Si Nidaa Tounes et Hafedh Caid Essebsi souhaitent un remaniement “en profondeur” après les élections municipales, Ennahdha et Rached Ghannouchi sont restés flous.

Au niveau du patronat, Samir Majoul a demandé à ce qu’un gouvernement de compétences apolitiques dirigent le pays jusqu’aux prochaines élections de 2019. Quant à l’UGTT, son secrétaire-général Noureddine Taboubi, n’a pas laissé planer le doute demandant un remaniement ministériel suite aux travaux de la commission créé pour fixer les nouvelles priorités du signataires de l’accord de Carthage.

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