TUNISIE
23/05/2018 10h:24 CET

Youssef Chahed divise les parties prenantes au document de Carthage 2: Bientôt l'épilogue?

Restera, restera pas?

FETHI BELAID via Getty Images

Le maintien de Youssef Chahed à la tête du gouvernement a divisé les parties prenantes au document Carthage 2 au cours de la Commission des experts, réunie mardi.

En effet, selon Mongi Harbaoui, porte-parole du mouvement Nidaa Tounes, si la commission a réussi à se mettre d’accord sur les 65 points qui composeront la feuille de route du prochain gouvernement, le maintien ou non de Youssef Chahed à sa tête a été au coeur des tensions et la question n’a pu être tranchée. 

En effet, si Nidaa Tounes, l’Union Patriotique Libre (UPL),  l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et l’Union nationale de la femme tunisienne se sont prononcés pour l’éviction de Youssef Chahed, Ennahdha, Al Moubadara, Al Massar,  l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), et l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) se sont prononcés pour son maintien.

Dans une déclaration à la TAP, le porte-parole de Nidaa Tounes a affirmé que son parti “ne voit aucun inconvénient à changer le gouvernement de Youssef Chahed, pourvu que les parties prenantes du Document de Carthage 2 soient unanimes à ce sujet” a-t-il expliqué. 


Selon la porte-parole de la présidence de la République, Saïda Garrache, “le point de discorde s’est situé sur le fait de garder ou non le chef du gouvernement et sur le fait de se présenter ou non aux prochaines élections” a-t-elle expliqué à la radio Shems Fm. 

Une réunion de la Commission des présidents (Présidents des partis et des secrétaires généraux des organisations signataires du Document de Carthage) est prévue mercredi, présidée par le président de la République Béji Caid Essebsi afin de trancher sur le sujet a annoncé pour sa part la radio Mosaïque FM.

Divisions profondes ou moyen de pression? 

Alors que l’initiative de demander le départ du chef du gouvernement émane du directeur exécutif de Nidaa Tounes Hafedh Caid Essesbi, il n’en demeure pas moins que les avis sont partagés au sein du parti.

Contacté par le HuffPost Tunisie, un député du parti affirme que la question est bien plus compliquée qu’il n’y parait.

Selon ce député, il existe deux courants à Nidaa Tounes: “Ceux proches de Hafedh Caid Essebsi, Sofien Toubel..., et ceux -nombreux qui souhaitent le changement au sein du parti, et le changement, c’est Youssef Chahed qui le représente”.

Ainsi selon lui, Hafedh Caïd Essebsi voudrait “humilier politiquement Chahed et l’obliger à ne pas se présenter en 2019. Ainsi, Chahed ne pourra pas mener sa révolution au sein de Nidaa en fédérant les bases autour d’une éventuelle campagne législative et présidentielle en 2019”. 

Concernant l’idée d’une motion de censure déposée contre Chahed si jamais il est maintenu à son poste par le Document de Carthage et évoquée par certains médias, il rétorque : “Nidaa Tounes ne pourra jamais le faire sans d’autres partis. S’il y a une discipline de façade au sein du bloc parlementaire, la perspective de présenter une motion de censure fera tomber les masques. Nombreux refuseront et se rangeront du côté de Chahed”.

En effet, le directeur exécutif du parti Nidaa Tounes Hafedh a réuni mardi, les députés du bloc parlementaire de Nidaa tounes afin de discuter du Document de Carthage 2 et des prochaines échéances. 

 

Dans la soirée, le président du Mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi s’est également entretenu avec les députés de son parti à l’Assemblée des Représentants du peuple sur la situation politique du pays.

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