TUNISIE
12/11/2018 14h:12 CET

Devant l'ARP, Youssef Chahed défend son bilan et présente les objectifs du gouvernement

"En 2016, nous avons été réalistes, Nous n'avons pas promis le paradis en 2 ans."

La plénière consacrée au vote de confiance aux nouveaux ministres se tient aujourd’hui à l’Assemblée des Représentants du Peuple.

La séance, qui devra prendre toute la journée, a été ouverte par le président de l’Assemblée, Mohamed Ennaceur, suivi du chef du Gouvernement, Youssef Chahed.

Ce dernier, avant d’entreprendre la défense du remaniement ministériel qui n’a cessé de faire couler de l’encre, a commencé par un appel réitéré à l’union nationale, durant lequel il a exposé les difficultés auxquelles le pays fait face, ainsi que les objectifs du gouvernement pour le reste de son mandat.

“Tout le monde parle aujourd’hui d’une crise gouvernementale. Mais la réalité est toute autre. Il s’agit d’une crise politique qui a perturbé le travail du gouvernement”. C’est avec cet énoncé que Youssef Chahed commence son allocution.

Il a choisi de mettre l’accent sur les accomplissements du gouvernement depuis sa nomination en août 2016, soulignant la précarité politique et économique, et les défis qu’il a dû relever, notamment le déficit budgétaire et celui des caisses sociales.

“Le déficit des caisses sociales qui s’élève à 3 milliards de dinars est le cumul de plusieurs années. Notre gouvernement ne peut pas en être tenu responsable” a-t-il indiqué.

“À l’époque, et au vu de la situation, nous savions que la Tunisie ne s’en sortira pas dans un an ou deux. C’est pour cela que nous avons évité de faire des promesses irréalistes, et avions préféré dresser des objectifs sur quatre ans” a ajouté le chef du Gouvernement.

Nous n'avions pas promis le paradis en deux ans Youssef Chahed

“Tout cela doit être pris en considération dans l’évaluation du travail gouvernemental” a-t-il ajouté.

Youssef Chahed s’est aussi concentré sur les accomplissements du gouvernement sur les deux dernières années, citant une amélioration de la production et de l’export dans les industries mécaniques, électriques, textiles et agricoles, en plus du retour en force du tourisme.

Dans le même contexte, le chef du Gouvernement a relevé l’augmentation de la croissance économique qui a dépassé les 2% durant les deux premiers trimestres de l’année 2018, ainsi que le déficit budgétaire qui est passé de 7,4% en 2016 à 4,9% en 2018, une des réussites les plus importantes du gouvernement, selon lui.

“On pourra dire que la Finance publique s’est rétablie lorsqu’on atteindra notre objectif de 3,9% en 2019” a ajouté Youssef Chahed.

Mais selon Chahed, les chiffres auraient pu être meilleurs, s’il y avait eu une volonté politique partagée, déplorant un manque de soutien politique dans le travail gouvernemental, notamment dans sa lutte contre la corruption.

Il estime que les perturbations politiques avaient entravé le travail du gouvernement, l’empêchant de réaliser de meilleurs résultats.

“Cela ne peut plus durer, c’est pourquoi j’ai décidé de faire un remaniement ministériel qui sera en mesure de mettre fin à la crise politique” a-t-il ajouté.

Youssef Chahed affirme par ailleurs que le remaniement a été fait en plein respect de la constitution, ajoutant que le gouvernement n’a jamais eu l’intention de porter atteinte à la présidence de la République, ni de manquer de respect au président Béji Caid Essebsi.

Il a, à ce sujet, pointé du doigt “certaines parties travaillant pour certains agendas”, qui auraient volontairement attisé les tensions entre la présidence du Gouvernement, et celle de la République.

Dans un appel à l’union nationale, le chef du Gouvernement a insisté sur la nécessité de rétablir la confiance des Tunisiens en leurs politiques, indiquant que la lutte contre la corruption a été une priorité absolue depuis son premier jour de travail au gouvernement.

“Aujourd’hui, je tiens à vous rassurer. Nous continuerons notre lutte contre la corruption et nous nous reposerons sur la loi. Elle demeurera une de nos priorités. Toutefois, sa réussite ne dépend pas seulement du gouvernement, mais aussi de l’implication de la justice, de la société civile, ainsi que du citoyen tunisien qui doit lutter à son niveau contre la corruption”. 

Avant de présenter les nouveaux membres du gouvernement à l’ARP, Youssef Chahed a exposé les objectifs futurs de son gouvernement, parmi lesquels on trouve l’amélioration des indicateurs économiques, l’amélioration de l’infrastructure à travers plusieurs projets prévus pour 2019.

Il sera également question de mettre l’accent sur l’emploi, à travers notamment le lancement de la banque des régions, en plus du maintien d’un déficit budgétaire en dessous de 4%, lequel réduira l’endettement.

La limitation du déficit de la balance commerciale sera également parmi les priorités, et sera déterminante dans l’amélioration de la valeur du dinar tunisien.

Il a également indiqué qu’aucune augmentation de prix et de taxes n’a été prévue dans la loi de Finances 2019.

D’un autre côté, le chef du Gouvernement à souligné l’importance d’élire un président pour l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE), estimant qu’il y a un manque de volonté politique à cet égard.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.