TUNISIE
27/06/2018 14h:52 CET | Actualisé 27/06/2018 18h:00 CET

Youssef Chahed a-t-il scellé son avenir à la tête du gouvernement lors d'une réunion avec une commission parlementaire de Nidaa tounes?

Le bloc parlementaire de Nidaa Tounes aurait décidé de soutenir le Chef du gouvernement.

STR via Getty Images

Hafedh Caïd Essebsi a perdu mais Youssef Chahed n’a pas encore gagné la bataille, c’est ce qu’a écrit le journaliste Zyed Krichen, dans l’éditorial du journal “Le Maghreb”, dans son édition du 27 juin 2018.

Publié mercredi, l’éditorial a résumé les coulisses de la réunion qui a eu lieu mardi, entre le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, et la commission parlementaire créé par Nidaa Tounes afin d’évaluer le travail du gouvernement. 

Cette réunion est justifiée par la crise politique actuelle que traverse le pays et l’incapacité de ce gouvernement de faire sortir la Tunisie de la crise économique qu’elle vit.

La défaite annoncée de Hafedh Caïd Essebsi

Le député Ramzi Khmissi, président de la commission parlementaire de Nidaa Tounes a affirmé au Journal le Margheb suite à cette réunion que “la commission a décidé de garder Youssef Chahed comme Chef du gouvernement avec un remaniement au niveau de la composition du gouvernementale”.

Une décision qui dit long sur la relation entre les membres du parti Nidaa Tounes et le directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebssi qui a demandé aux signataires de l’accord de Carthage de limoger Youssef Chahed.

Selon l’éditoriale du journal “Le Maghreb”, le bloc parlementaire de Nidaa Tounes n’a pas coordonné avec Hafedh Caïd Essebsi la décision de soutenir Youssef Chahed.

Les raisons d’un tel désaveu

Les députés du Bloc parlementaire de Nidaa Tounes ont décidé de s’aligner derrière Youssef Chahed pour plusieurs raisons, laissant ainsi Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif de Nidaa Tounes, avec son seul allié, l’UGTT.

Plusieurs éléments expliquent cette révolte de la part des Nidaistes, parmi lesquels, la promesse non tenue par le directeur exécutif du parti Nidaa Tounes de faire intervenir le président de la République pour limoger Youssef Chahed, et ce sur la base de l’article 99 de la Constitution a expliqué, le journaliste Zyed Krichen dans son éditorial. 

Article 99 de la Constitution:

Le Président de la République peut demander à l’Assemblée des représentants du peuple de procéder à un vote de confiance au gouvernement, au maximum 2 fois pendant le mandat présidentiel. Le vote se fait à la majorité absolue des membres de l’Assemblée des représentants du peuple. Si cette dernière ne renouvèle pas sa confiance au gouvernement, il est considéré démissionnaire, et le Président de la République se charge de désigner la personnalité la plus apte à former un gouvernement dans un délai de 30 jours conformément aux paragraphes 1, 5 et 6 de l’article 89.

En cas de dépassement du délai ou si l’Assemblée n’octroie pas sa confiance au nouveau gouvernement, le Président de la République a le droit de dissoudre l’Assemblée et d’appeler à la tenue d’une élection législative anticipée dans un délai minimum de 45 jours et maximum de 90 jours.

En cas de vote de confiance au gouvernement par deux fois, le président de la république est considéré démissionnaire.

Chahed en position de force?

Devant une crise politique qui dure depuis un moment, le Chef du gouvernement se trouve à nouveau en position de force.

Suite à la réunion d’hier de ladite commission avec Youssef Chahed, le chef du gouvernement, gagnerait ainsi 130 voix au parlement, à savoir, ceux des 45 députés de Nidaa Tounes, les 68 députés du mouvement Ennahdha, les 10 voix du bloc parlementaire nationaliste, et 10 députés du bloc parlementaire “Al-Horra”, assurant ainsi sa place du chef du gouvernement dans le cas où le président de la République engage une procédure du vote de défiance.

Il est à rappeler que selon l’article 97 de la constitution, “le retrait de confiance au gouvernement requiert l’approbation de la majorité absolue des membres de l’Assemblée”. Mais là aussi, il lui serait difficile de pouvoir garantir les 109 voix sans l’accord du mouvement Ennahdha.

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