ALGÉRIE
21/08/2019 15h:14 CET

Yémen: Martin Griffiths met en garde contre la fragmentation du pays

MOHAMMED HUWAIS via Getty Images

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Martin Griffiths, a mis en garde devant le Conseil de sécurité de l’ONU contre la fragmentation du Yémen, soulignant qu’“elle est devenue une menace plus forte et plus urgente que jamais”, ont rapporté mercredi des médias locaux. Martin Griffiths a notamment évoqué les affrontements ayant éclaté au début du mois à Aden entre deux factions habituellement alliées contre le mouvement Houthis (Ansarullah).

“La violence enregistrée à Aden a entraîné la mort de dizaines de civils et fait des centaines de blessés. Je suis alarmé par cette violence et je condamne les efforts inacceptables du Conseil de transition du Sud pour prendre le contrôle des institutions de l’Etat par la force. Je déplore également le harcèlement des Yéménites originaires du nord à Aden”, a dénoncé Martin Griffiths.

Urgence

L’envoyé spécial onusien attend beaucoup de la réunion prévue à Djeddah en Arabie Saoudite entre les deux factions en conflit, soulignant qu’“il est essentiel que cette réunion ait lieu dans un très proche avenir pour éviter une nouvelle détérioration et pour assurer la continuité de la gouvernance, de la sécurité et de la fourniture des services de base à Aden et dans les autres zones concernées relevant de la compétence exclusive de l’Etat”.

“J’espère que toutes les parties prenantes yéménites, de toutes les régions du pays, voient dans les événements d’Aden un signe clair que le conflit actuel doit cesser, de manière rapide et pacifique”, a-t-il, également, plaidé.

Accord de Stockholm

M. Griffiths a affirmé, à l’occasion, que la mise en œuvre de l’accord de Stockholm conclu en décembre 2018 entre le gouvernement yéménite et le mouvement Houthis sur un cessez-le-feu dans le gouvernorat d’Hodeïda “a été importante sur le plan politique et a eu des effets bénéfiques tangibles sur le terrain”. “Mais cela ne peut être une condition préalable à la réalisation de la paix dans tout le Yémen”, a-t-il fait observer.

De son côté, la sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires, Ursula Mueller, a rappelé aux membres du Conseil de sécurité que “seule une solution politique peut répondre durablement à l’énorme crise humanitaire que connaît le pays”.

Nous appelons toutes les parties prenantes à soutenir les efforts de l’Envoyé spécial pour mettre fin au conflit aussi rapidement que possible”, a-t-elle dit. “Nous avons besoin de toute urgence d’une désescalade à travers le Yémen, de préférence grâce à un cessez-le-feu national qui mettrait fin à toute violence”.

Le Yémen est la plus importante opération humanitaire au monde et les agences humanitaires fournissent une assistance à environ 12 millions de personnes chaque mois, a rappelé Mme Mueller.