TUNISIE
09/08/2018 18h:32 CET | Actualisé 09/08/2018 20h:01 CET

Yamina Zoghlami dénonce "l'extrémisme" de la Colibe et s'abrite derrière les "constantes" de l'islam

Ennahdha hausse le ton.

Alors qu’un appel à mobilisation a été lancé 13 août, à l’occasion de la Journée de la femme tunisienne, pour soutenir les propositions de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), le parti Ennahdha se mobilise de son côté, mais contre une éventuelle initiative du président de la République concrétisant les recommandations de la Colibe. 

Intervenant sur les ondes de Radio Med, la députée d’Ennahdha, Yamina Zoghlami, a ouvert le feu sur la Colibe, jugeant sa composition “pas équilibrée” et manquant de nombreux spécialistes à l’instar des professeurs de la charia islamique. (vidéo ci-dessous) 

 

Sur le fond, elle déclare: “Nous n’allons pas voter pour des questions qui portent atteinte à l’identité arabo-musulmane de la Tunisie et aux constantes de l’islam”. La députée agite l’article premier de la Constitution: “La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime”. Pour elle, cet article est clair en mentionnant l’islam. 

La députée considère que certaines propositions de la Colibe sont “extrémistes”, sans préciser de quoi elle parlait exactement. 

Elle a été claire en revanche concernant la question de l’égalité dans l’héritage, arguant que la Colibe n’a pas laissé le choix aux Tunisiens sur cette question et appelant à un dialogue plus élargi sur cette question, en se référant aux études islamiques en la matière. 

Plus globalement, la représentante d’Ennahdha appelle à tout reporter, prétextant que “ce ne sont pas les problèmes des Tunisiens”. 

Pour elle, le rapport de la Colibe est en train de cliver les Tunisiens alors que les femmes tunisiennes jouissent déjà de beaucoup d’acquis comme la loi contre les violences faites aux femmes et en se félicitant de l’exemple de Souad Abdelrahim comme maire de Tunis. 

Yamina Zoghlami n’est pas contre en revanche un référendum sur la question, en jugeant non démocratique les propos de la député Bochra Bel Haj Hmida et de l’intellectuelle Olfa Youssef qui ont parlé d’insuffisance de la culture démocratique chez de nombreux Tunisiens qui explique leur refus du recours au référendum. 

À noter que le rapport de la Colibe a proposé plusieurs alternatives sur la quasi-totalité de ses propositions. S’inscrivant dans le contexte tunisien où la religion est pesante dans certaines sphères de la vie privée et publique, la Colibe s’est consacrée à composer avec une réalité complexe, tout en insistant sur son aspect évolutif et sur la primauté des droits humains au sens universel. Un exercice d’équilibriste qui a donné lieu à des suggestions tantôt tranchantes, tantôt se voulant plus conciliantes et progressives. 

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