TUNISIE
29/06/2018 13h:27 CET

Y a-t-il une limite à la longévité ? Une étude relance le débat

La mortalité atteindrait un plateau à partir de 105 ans. Des résultats contestés par les scientifiques partisans d'une longévité maximale.

Flashpop via Getty Images

SANTÉ - Depuis un siècle, nous n’avons cessé d’augmenter notre espérance de vie. Mais y a-t-il une limite, un âge à partir duquel les chances de survies deviennent infinitésimales?

Ce débat agite les scientifiques depuis des années. Il est relancé ce jeudi 28 juin avec une étude de la mortalité de près de 4000 centenaires italiens. Les résultats, publiés dans la revue Science, confortent l’idée que les humains atteindraient un plateau de mortalité à partir de 105 ans.

Cela veut dire que les chances de mourir chaque année à partir de cet âge n’augmentent plus. Ces travaux font pencher la balance, selon ses auteurs, du côté de ceux qui croient que l’homme n’a pas atteint sa durée de vie maximale. Un conclusion qui ne convient évidemment pas à tout le monde.

Des exemples compliqués à suivre

Même dans les pays qui ont de bonnes statistiques d’état-civil, les données permettent rarement d’étudier ces taux de mortalité pour chaque âge, les plus âgés étant souvent regroupés par tranches.

 

Les auteurs de l’étude ont donc établi une base de données méticuleuse, avec l’aide de l’Institut national des statistiques en Italie, de tous les habitants ayant plus de 105 ans entre 2009 et 2015, soit 3836 personnes. Il s’agissait surtout de femmes: 78% du total.

“Nous avons montré que le taux de mortalité, qui augmente de façon exponentielle jusqu’à 80 ans, engage ensuite une décélération, et atteint ou s’approche de près d’un plateau à partir de 105 ans”, écrivent les chercheurs. Ces résultats “suggèrent fortement que la longévité continue d’augmenter avec le temps et qu’une limite, si elle existe, n’a pas encore été atteinte”.

Manque de données

Tout le monde n’est évidemment pas d’accord avec cette idée. Une étudepubliée dans l’autre grande revue scientifique Nature, en 2016, postulait à l’inverse que la longévité maximale était fixe... et avait déjà été atteinte, le record appartenant à la Française Jeanne Calment, décédée en 1997 à l’âge de 122 ans. Ces chercheurs-là soulignaient que les doyens de l’humanité étaient morts aux environs de 115 ans, qui serait de facto la limite supposée.

Interrogé ce jeudi 28 juin par Nature, le co-auteur de cet article de 2016, Brandon Milholland, estime que les preuves apportées pour un plateau sont “marginales”. Pourquoi? Car dans les milliers de centenaires italiens, moins de 100 ont vécu jusqu’à 110 ans où plus. Un autre chercheur, Leonid Gavrilov, qui n’est impliqué dans aucune des deux études, rappelle qu’une toute petite erreur dans les registres italiens peut biaiser la conclusion de l’étude.

De plus, comme le rappelle le démographe Jean-Marie Robine dans Nature, des analyses non encore publiées ont été réalisées en France, au Japon et au Canada. Et pour l’instant, la théorie du plateau ne s’impose pas si clairement que cela. Le débat sur l’espérance de vie a encore de belles années devant lui.

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