TUNISIE
14/05/2018 17h:37 CET | Actualisé 14/05/2018 22h:33 CET

"Weldi" du réalisateur tunisien Mohamed Ben Attia interpelle le public et la presse à Cannes

"Weldi" de Mohamed Ben Attia fait sensation à Cannes.

Facebook/Weldi

Projeté à la Quinzaine des réalisateurs en marge du Festival de Cannes, le film “Weldi” du réalisateur tunisien Mohamed Ben Attia a capté aussi bien les spectateurs qui ont assisté à l’avant-première mondiale que la presse internationale. (Vidéos ci-dessous) 

Interprété par Mohamed Dhrif, Mouna Mejri, Zakaria Ben Ayed, Imen Cherif, Taylan Mintas, Weldi retrace l’histoire de Riadh qui s’apprête à prendre sa retraite de cariste au port de Tunis. Avec Nazli, il forme un couple uni autour de Sami, leur fils unique qui s’apprête à passer le bac. Les migraines répétées de Sami inquiètent ses parents. Au moment où Riadh pense que son fils va mieux, celui-ci disparaît. 

L’intrigue est à priori simple. Comme dans “Nhebek Hédi”, Mohamed Ben Attia prône un cinéma sans prétention dont l’enveloppe puise dans la profondeur humaine. “Mis à part le traitement réaliste des rapports humains, je crois que certaines questions sont récurrentes comme la pression sociale et le conformisme. Ce qui m’intéresse aussi, c’est ce paradoxe entre notre incapacité à vivre ensemble et notre peur de la solitude”, explique Mohamed Ben Attia au magazine Le film français.

Réagissant avec le public de la salle dont beaucoup ont souligné la grande sensibilité du film, Mohamed Ben Attia a expliqué que son film n’est pas politique, “même si je trouve que tout peut être politique”. Et de poursuivre que ce n’est pas un film sur Daech, ni sur une simple recherche d’un père de son enfant. Le réalisateur évoque “les détails” véhiculés à travers cette histoire, et qui sont l’empreinte du film.

Le film n’est pas passé inaperçu auprès de la presse internationale dont le célèbre “Hollywood reporter”. “Naturaliste et nuancé, presque à la faute”, c’est ainsi que le décrit le magazine américain. “Après le départ de Sami pour la Syrie, le film emprunte une trajectoire plus philosophique, en regardant au-delà de l’intrigue djihadiste presque incidente pour faire la chronique de l’impact lent d’une perte de vie sur un père, une mère et leur mariage. Comme la chronologie s’étend, il y a des naissances et des décès, des coups durs et des choix difficiles. (...) Weldi  dépasse finalement la tragédie et devient un hommage discrètement absorbant au pouvoir de la résilience humaine”. 

“Qu’il s’agisse de Sami parti pour la Syrie, de ses parents, des passeurs turcs, Mohamed Ben Attia porte sur tous ses personnages un regard dénué de tout jugement. Il montre ce qui se passe. Il montre le voyage du père, il montre l’essoufflement de la mère, il montre le commerce qui s’est installé autour du passage des djihadistes de Turquie en Syrie. Le propos de Mohamed Ben Attia n’est pas de dénoncer. Il dépassionne et parvient ainsi à concerner chacun. Le spectateur ne regarde pas un reportage d’“Envoyé Spécial” qui lui montre ce que font d’autres gens en d’autres lieux. Le réalisateur lui fait ressentir que ces autres gens en ces autres lieux, vivent la même chose que lui”, écrit France info sur le film de Mohamed Ben Attia. 

Vivement la sortie du film dans les salles tunisiennes!

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