TUNISIE
17/05/2018 14h:13 CET | Actualisé 18/05/2018 21h:22 CET

"Weldi" du cinéaste tunisien Mohamed Ben Attia à la conquête de la Chine, du Brésil et de Taïwan

Après le succès foudroyant de "Nhebek Hedi", "Weldi" devrait lui emboiter le pas.

Facebook/Weldi

Grandement apprécié au Festival de Cannes, le film “Weldi” du réalisateur tunisien Mohamed Ben Attia continue de faire des miracles. Il vient de décrocher des contrats de distribution à l’étranger notamment en Chine, au Brésil et à Taïwan, confie Mohamed Ben Attia au HuffPost Tunisie.

Le film, dévoilé à la Quinzaine des réalisateurs en marge du Festival de Cannes, semble séduire le public cannois. “L’accueil était très chaleureux” raconte Ben Attia. “Nous sommes très heureux”, ajoute-t-il en évoquant le fait que ce dernier a eu de bons échos aussi bien des spectateurs qui ont assisté à l’avant-première mondiale que la presse internationale.

Le film a capté le public, visiblement conquis. “Le débat entretenu avec l’équipe du film et le public à l’issue de sa projection a été bien vif”, souligne-t-il. 

Interprété par Mohamed Dhrif, Mouna Mejri, Zakaria Ben Ayed, Imen Cherif, Taylan Mintas, Weldi retrace l’histoire de Riadh qui s’apprête à prendre sa retraite de cariste au port de Tunis. Avec Nazli, il forme un couple uni autour de Sami, leur fils unique qui s’apprête à passer le bac. Les migraines répétées de Sami inquiètent ses parents. Au moment où Riadh pense que son fils va mieux, celui-ci disparaît. 

L’intrigue est à priori simple. Comme dans “Nhebek Hédi”, Mohamed Ben Attia prône un cinéma sans prétention dont l’enveloppe puise dans la profondeur humaine. 

Même si les histoires diffèrent, “Nhebek Hédi” et “Weldi” se ressemblent. “Il y’a une certaine continuité” indique Ben Attia au HuffPost Tunisie. En effet, tous les deux témoignent d’une sensibilité particulière pour mettre en lumière certains thèmes “d’aspects humains, qui lui sont chers”, selon ses dires. 

PIERRE-PHILIPPE MARCOU via Getty Images

Pour le jeune réalisateur, certains thèmes restent le fil conducteur de ses projets cinématographiques. Dans “Weldi”, “c’est le paradoxe entre l’incapacité à vivre ensemble et la peur de la solitude qui prend le dessus”, explique-t-il. 

Mohamed Ben Attia, qui s’est fait connaître en 2016 par “Nhebek Hedi”, préfère mettre le doigt sur des questions récurrentes comme la pression sociale et le conformisme et déjouer beaucoup de clichés sur le monde arabo-musulman. 

Selon Ben Attia, “Weldi” a suscité beaucoup de technicité et d’efforts, après un premier film détonnant qui avait placé la barre très haute. “Plus de décors, d’acteurs... nous avons même tourné en Turquie” note-t-il.

Interrogé sur la sortie du film dans les salles tunisiennes, Mohamed Ben Attia a fait savoir que ce dernier sera probablement dévoilé au public tunisien lors des prochaines Journées cinématographiques de Carthage (JCC). “Rien n’est encore confirmé, on attend la réponse de la direction des JCC”, conclut-il.

Mohamed Ben Attia est né à Tunis en 1976. Il étudie la communication audiovisuelle à Valenciennes après une maîtrise à l’Institut de Hautes Études Commerciales (IHEC) à Tunis en 1998. Il a réalisé 5 courts métrages dont Selma (2014) en compétition officielle au festival de Clermont Ferrand. Son 1er long métrage Hedi, un vent de liberté obtient deux prix à la Berlinale 2016 : Meilleur 1er film et l’Ours d’argent du meilleur acteur.

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