TUNISIE
15/04/2019 15h:30 CET | Actualisé il y a 14 heures

"Vous avez peut-être des chemises très propres mais vous avez aussi des mains très sales": Le coup de gueule de cette chroniqueuse d'origine tunisienne contre Bernard Henri-Lévy sur C8

Bernard Henry Lévy épinglé par Monia Kashmire sur son implication dans la guerre en Libye.

Dans l’émission “Les Terriens du dimanche”, présentée par Thierry Ardisson et diffusée sur la chaine C8, Monia Kashmire, jeune chroniqueuse d’origine tunisienne, n’a pas mâché ses mots face à l’écrivain et philosophe Bernard Henri Lévy.

Évoquant la situation en Libye, Monia Kashmire revient sur l’histoire d’Alpha Kaba, jeune guinéen qui a “vécu l’enfer” de l’esclavage pendant deux ans en Libye et qui était récemment invité dans l’émission: “Je ne sais pas comment doit réagir Alpha Kaba aujourd’hui, en sachant qu’à cette même place est assis peut-être l’un des responsables de l’enfer qu’il a vécu” dit-elle en apostrophant BHL.

“Bernard Henri Lévy, vous avez peut-être des chemises très propres, mais vous avez peut-être aussi les mains très sales!” a-t-elle fustigé sous les applaudissements du public.

Réagissant à ces propos, le philosophe français fulmine: “Je ne sais pas comment réagissent en vous écoutant les centaines de milliers de libyens (...) qui ont été torturés pendant les années Kadhafi”.

L’interrompant, la jeune femme née en Tunisie et qui a rejoint la France avec sa famille à l’âge de 6 ans, l’interroge: “Comment réagissent les Tunisiens qui se battent pour que la révolution fonctionne, eux qui sont obligés de se battre contre tous ce camps d’entrainement au djihad qui sont là et qui les empêchent d’avoir une démocratie?!”

Ayant grandit en France, Monia Kashmire a fait Science Politique avant d’obtenir un doctorat de littérature à l’UCL de Londres, la jeunes franco-tunisienne est touche à tout. Chroniqueuse télé, elle a également sa propre boite de production. Elle a également réalisé plusieurs documentaires pour ARTE et a ouvert plusieurs restaurants en France.

Engagé dans ce qu’il appelle le “printemps libyen” visant à faire tomber Kadhafi, Bernard Henri Lévy n’a jamais nié son implication dans un pays, qui huit ans après est continue sa guerre fratricide, déstabilisant toute la région.

“Mes lecteurs savent que, de février à octobre 2011, j’ai employé mon énergie à convaincre la communauté internationale et, d’abord, mon pays d’intervenir en Libye pour éviter le massacre d’un peuple” a-t-il affirmé dans une contribution publiée sur Le Point en mars 2018.

Le conflit libyen a fait des milliers de morts et de déplacés, et continue à ce jour entre différents gouvernements et milices.

Rien qu’en Tunisie, ils sont près de 300.000 libyens à s’y être installés selon les derniers chiffres de l’OIM.

La Libye reste également un tremplin de choix pour des migrants qui souhaitent rejoindre l’Europe, cependant, ces derniers font face “aux nouveaux “camps de la mort”, où prisonniers de milices, ils sont victimes de travail forcé, viol, maltraitance et torture. 

Pire encore, le 16 novembre 2017, la chaine CNN a diffusé un reportage sur un marché aux esclaves se développant en Libye.

 

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