TUNISIE
22/04/2019 19h:36 CET

Volodymyr Zelensky, l’humoriste devenu président d’Ukraine

"Je ne suis pas un politicien. Je ne suis qu’une simple personne venue casser ce système!"

SOPA Images via Getty Images

Dimanche, le comédien Volodymyr Zelensky a remporté la présidentielle en Ukraine avec 73,2% des voix, contre 24,4% des voix pour son adversaire, Petro Porchenko, ancien président Ukrainien.

C’est une première dans l’histoire ukrainienne, Zelensky étant le plus jeune président ukrainien et le plus inexpérimenté en matière politique.

Très célèbre dans son pays, l’acteur et humoriste Ukrainien se fait connaître du grand public en 2015 en incarnant le rôle d’un professeur d’histoire devenu subitement prédisent d’Ukraine, dans la série télévisée le Serviteur du Peuple.  Originaire de la ville de Kryvy Rih, le jeune président obtient son diplôme en droit en 2003, puis commence par la suite sa carrière en temps qu’acteur et humoriste à la télévision ukrainienne.

Ce dernier jouit de sa notoriété médiatique et fonde, en mars 2018, son parti, prénommé “Serviteur du peuple”, qui porte un nom similaire à la série télévisée dans laquelle il joue. Il représente, notamment parmi la jeune population apolitique, un espoir pour combattre la corruption qui empoisonne le pays. 

Un saut dans le “vide”, selon ses opposants  

De par sa carrière professionnelle en temps qu’acteur ainsi que son manque d’expérience en matière politique, Zelensky a mené une campagne unique, différentes des campagnes traditionnelles, parfois qualifiée de “non-campagne”. De fait, Zelensky est un candidat sans promesses qui a refusé tout meeting électoral pendant la présidentielle, et s’est principalement exprimé grâce aux vidéos diffusées sur les réseaux sociaux plutôt qu’à la télévision ou dans la presse traditionnelle. 

Les opposant de Zelensly parlent d’un “saut dans le vide”, avec de nombreux ukrainiens qui craignent son manque d’expérience et le flou concernant sa campagne présidentielle. Son objectif serait d’instaurer la paix en Ukraine, un pays en guerre tiraillé entre l’Union Européenne et la Russie, moderniser le pouvoir et surtout, lutter contre toute forme de corruption présente en Ukraine.

Le soir de sa candidature, l’humoriste n’a pas élaboré de programme clair, précisant qu’il ne tenait pas à “faire de promesses inutiles”, son slogan s’intitulant “pas de promesses, pas de déceptions”.  

Selon France 24, Zelensky aurait dévoilé ses priorités lors de son premier discours en temps que président élu, la première étant de “relancer le processus de paix dans l’est séparatiste pro-russe”, en référence aux accords de Minsk signés en 2015: “Nous allons poursuivre le processus de Minsk, le relancer”.

Pour la jeune population ukrainienne, Zelensky représente un nouvel espoir, ce dernier ayant promis, selon BFMTV, de “casser le système” de l’ère Porochenko, une ère marquée par les nombreux scandales de corruption des élites.

Ces célébrités qui ont menés une carrière politique

“L’Ukraine s’inscrit dans une tendance mondiale avec des stars du show business qui font leur entrée en politique, comme Donald Trump. Volodymyr Zelenski a basé toute sa campagne sur les réseaux sociaux, les autres candidats ont été obligés de s’adapter”, annonce le correspondant de France 24, Gulliver Cragg.

Malgré les divergences fondamentales qui existent entre le show-business et le politique, de nombreuses personnes célèbres de la télévision ou d’autres sphères se sont retrouvées à mener une carrière politique, voire à la tête d’un pays.

 

  1. Jimmy Morales, l’humoriste devenu président du Guatemala

Luisa Gonzalez / Reuters

Jimmy Morales est connu du grand public pour avoir incarné le rôle de Neto, un naïf cowboy qui devait devenir président mais qui se désiste à la dernière minute. En 2015, ce dernier se présente à la campagne présidentielle, et est élu avec 68% des voix. Pendant sa campagne, le comédien promet d’éradiquer la corruption présente dans son pays, mais il est soupçonné d’avoir été élu grâce à un financement illégal, provoquant la colère de son peuple.

 

  1. Georges Weah, l’ancien joueur de football

Claudio Villa/ Grazia Neri via Getty Images

 

Georges Weah est le premier joueur de football au monde à devenir chef d’État. Il est élu président du Libéria en 2017 avec 61% des votes, d’après les résultats de la Commission Nationale électorale. De plus, c’est le seul joueur africain à avoir gagné le ballon d’Or. Après s’être présenté une première fois aux élections présidentielles en 2005, il perd contre son adversaire Ellen Johnson Sirleaf, qui était devenu, à l’époque, la première femme Présidente en Afrique. 

         3. Ronald Reagan

Reuters Photographer / Reuters

Elu 40ème président des Etats-Unis, Ronald Reagan a tourné dans une cinquantaine de films. Dans les années 1950, Reagan s’engage de plus en plus sur la scène politique pour être élu gouverneur de la Californie le 8 novembre 1966. Par la suite, il se présente à l’élection présidentielle en 1980, se présentant comme “l’initiateur d’une révolution conservatrice”, sa campagne électorale étant principalement axée sur la diminution des taux d’imposition, la réduction des programmes sociaux et une augmentation du budget de la Défense.

 

    4. Joseph Estrada, l’acteur devenu président des Philippines

 

Pacific Press via Getty Images

En 1998, Joseph Estrada est élu président des Philippines, restant 2 ans et 6 mois au pouvoir. Cet ancien acteur a plus de 35 ans de carrière dans le cinéma philippin, avec une apparition dans plus de 100 films et une production de 75 films. Dans le début des années 2000, il est impliqué dans une affaire de corruption qui fait scandale aux Philippines, et il est alors contraint de quitter son poste en 2001, avant de revenir sur la scène politique en devenant maire de Manille en 2013.

    5. Coluche, plus qu’un candidat

J. Cuinieres via Getty Images

L’humoriste français s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 1981, le 30 octobre 1980 au cours d’une conférence de presse.

Les slogans de sa campagne seront égale à l’homme, pleines d’humour: “Avant moi, la France était coupée en deux. Maintenant elle sera pliée en quatre” ou encore “Coluche, le seul candidat qui n’a pas de raison de mentir”.

Si pour beaucoup ce candidat fantaisiste n’avait aucune chance, les sondages le créditent rapidement de scores assez impressionnant. Ralliant à lui certains intellectuels à l’instar de Gilles Deleuze ou Pierre Bourdieu, il est vu comme une menace pour plusieurs candidats jugés plus crédibles.

Parmi eux, François Mitterand, qui tentera par tout les moyens de lui faire retirer sa candidature. C’est le meurtre de son régisseur Réné Gorlin -qui n’a rien à voir avec la politique, la police concluant à un crime passionnel, mais Coluche ne le savait pas à l’époque- qui aura finalement raison de sa candidature.

Il annonça son retrait le 16 mars 1981 après avoir fait rêver une génération entière de la possibilité de le voir à l’Élysée.

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