MAGHREB
06/08/2013 06h:17 CET

Un graffiti de Banksy a été volé à Londres (PHOTOS)

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"No ball game" l’œuvre de Banksy, l’artiste britannique de la peinture aérosol, vient d’être dérobée à Londres. Visible par les habitants du quartier de Tottenham sur un mur au croisement de HighRoad et de Philip Lane depuis 2009, le dessin mettait en scène deux enfants se jetant, comme une balle, une pancarte rouge sur laquelle le titre "no ball game" était inscrit à la peinture blanche.

C’est la deuxième disparition du genre à Londres. Février dernier, la mystérieuse disparition d’une œuvre de Banksy dans le quartier de Haringey, au nord de la capital britannique, provoque l’émoi auprès de ses habitants. Le graffiti "save Labor" réalisé par l’artiste grâce à la superposition de pochoirs sur un mur du quartier, représentait un jeune garçon s’essayant à l’utilisation d’une machine à coudre. A peine arrachée de son mur à Londres, l’œuvre réapparait dans le catalogue d’une vente aux enchères en ligne de la maison américaine Fine Art Auction Miama (FAAM). "Save Labor" est alors estimé à 500.000 dollars et est finalement vendu à plus d’un million de dollars dans une vente privée à Londres en Juin dernier.

Avec cette nouvelle disparition survenue la semaine dernière dans le quartier de Tottenham, la guerre des murs est déclarée. Les habitants du quartier de Tottenham s’insurgent contre ce deuxième "vol" des graffitis du célèbre plasticien anglais à travers une campagne lancée sur le Net : "Bring our Banksy back" (rendez-nous notre Banksy). "Ce dessin faisait partie de notre identité", s’indignent les habitants de ce quartier pauvre de Londres qui avait connu de graves émeutes raciales en 2011 et qui considéraient l’oeuvre comme partie intégrante de leur environnement.

Mais les appels de détresse des habitants sont vains. L’œuvre "No ball game" connaît le même scénario que la précédente. Aussitôt retirée du mur de Tottenham, l’œuvre se retrouve sur le site d’une maison de vente aux enchères américaines SINCURA. Dans le descriptif de l’œuvre sur le site américain on peut lire: "L’œuvre de Banksy "No ball game" sauvée pour restauration. C’est donc ainsi que la maison de vente aux enchères américaine, justifie, à mots couverts, ce que certains qualifient de vol.

Mais la question est bien plus complexe.

A qui appartient l’art urbain ?

La question de la monétisation du street art est au cœur des débats. Aucun acte légal n’existe entre la municipalité et l’artiste Bansky , ni aucun droit de cession également. La question de la propriété du pan du mur où l’œuvre a été décrochée a également été soulevée. Les propriétaires du magasin sur lequel était dessinée l’œuvre ont publié un communiqué public dans lequel ils ont démenti être propriétaires du mur et ne pas être responsables du "décrochage" du dessin "No ball game". Le recours en justice est donc inutile puisque aucun acte légal n’entoure l’œuvre. Autre débat, celui de la protection de l’art urbain. La maison de vente aux enchères américaine SINCURA semble s’être auto octroyé ce rôle en décrochant l’œuvre pour motif de restauration. Face au risque de dégradation (intempérie, vandalisme etc.), la municipalité de Londres avait déjà commencé à mettre les œuvres de Banksy sous plexiglas (ce qui n’a cependant pas empêché le décrochage de l’œuvre "No ball game"!).

Le débat fait donc rage dans le milieu des spécialistes de l’art avec pour toile de fond un marché du street art en pleine effervescence. Aujourd’hui, le caractère éphémère de l’art urbain est sa principale caractéristique et lui confie son statut d’art ultra contemporain. Le street art n’appartient à personne et est à tout le monde à la fois, mais au vu des derniers évènements la justice pourrait bien s’en mêler et règlementer ce marché, pour le moment anarchique.