TUNISIE
11/08/2019 20h:22 CET | Actualisé 11/08/2019 20h:23 CET

Voici pourquoi certaines personnes tiennent mieux l’alcool que d’autres

Et pourquoi être un poids plume est en fait une bonne chose.

ALCOOL - Vous avez sûrement déjà entendu des remarques comme “elle pourrait m’envoyer rouler sous la table” ou “Il ne tient vraiment pas l’alcool”. Ces commentaires, aux (douteuses) connotations de force et de faiblesse, sont liés au concept de tolérance à l’alcool.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Cette expression fait référence à la capacité de certaines personnes à consommer de plus grandes quantités d’alcool que d’autres avant d’en ressentir les effets, explique Pete Martin, professeur en psychiatrie et sciences du comportement au Centre hospitalier universitaire Vanderbilt à Nashville dans le Tennessee.

Le fait que certains semblent pouvoir s’imbiber toute la soirée sans tituber alors que d’autres sont pompettes après un verre de vin s’explique de plusieurs façons.

Le sexe du buveur, la génétique et la quantité d’alcool ingérée jouent tous un rôle dans la tolérance à l’alcool.

 

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saLes chercheurs ont analysé de multiples facteurs pour tenter d’expliquer pourquoi l’organisme de certaines personnes semble mieux tolérer l’alcool, indique le spécialiste.

 

Le sexe et le poids d’un individu influencent clairement cette tolérance. Les hommes boivent en général plus que les femmes avant d’avoir l’air ivres. Les gens de forte corpulence consomment aussi davantage d’alcool que ceux de petit gabarit avant d’en ressentir les effets délétères.

Les autres facteurs biologiques en jeu sont plus complexes.

“Certains chercheurs pensent que c’est lié aux enzymes qui permettent la métabolisation de l’alcool, d’autres que la neurotransmission des informations par le cerveau varie,” précise le Dr Martin.

En ce qui concerne les neurotransmetteurs, la théorie des scientifiques est que le cerveau des personnes les plus tolérantes à l’alcool ne reçoit tout simplement pas les signaux qui lui disent “Ouh là là, tu ferais mieux d’arrêter de boire.”

Quant au rôle des enzymes, “la métabolisation de l’alcool se fait en plusieurs étapes,” explique Brad Uren, professeur adjoint de médecine d’urgence au Centre hospitalier universitaire du Michigan.

“La plus grande partie de l’alcool absorbée par l’organisme est d’abord métabolisée par l’enzyme ‘alcool déshydrogénase’ qui le transforme en un composant appelé ‘acétaldéhyde’,” ajoute le spécialiste. “L’acétaldéhyde est ensuite à nouveau métabolisé par une autre enzyme, l’‘aldéhyde déshydrogénase’.”

Certaines personnes ont un déficit en aldéhyde déshydrogénase, ce qui entraîne un taux trop élevé d’acétaldéhyde dans le sang.

“Cela peut causer une rougeur de la peau, et aggraver les symptômes habituellement associés à la ‘gueule de bois’,” indique le Dr Uren. “Les individus d’origine asiatique sont plus susceptibles de manquer de cette enzyme que la moyenne de la population.”

Au-delà de cela, notre cerveau et notre corps s’adaptent en général très rapidement à une grosse consommation d’alcool.

Le corps humain “est capable de s’adapter à l’augmentation de notre consommation d’alcool,” souligne le spécialiste. “Cela peut se traduire par une métabolisation plus rapide.” En conséquence, ceux qui boivent plus souvent “peuvent donner l’impression de s’enivrer moins vite que d’autres qui ont pourtant consommé la même quantité d’alcool.”

Bien tenir l’alcool n’est pas forcément une bonne chose.

Le problème majeur d’une haute tolérance à l’alcool est qu’elle risque d’aboutir à une mauvaise évaluation du degré d’ébriété de la personne qui a bu. Même si vous estimez que cette personne est en état de conduire ou de prendre son vélo car elle ne titube pas et articule normalement, et qu’elle s’en croit elle aussi capable, cela ne veut rien dire. C’est toujours la quantité d’alcool absorbée qui importe.

“Il est imprudent de présumer que ces personnes sont tout aussi capables d’exécuter des tâches qui requièrent de la concentration et de la réactivité que si elles étaient sobres,” insiste le Dr Uren. Mieux vaut leur confisquer leurs clés de voiture et appeler un taxi.

Il est également dangereux de croire que ceux qui tiennent bien l’alcool et peuvent boire plus que les autres sans se sentir ivres, seront épargnés par les effets à long terme d’une consommation excessive d’alcool.

Eux non plus ne sont pas à l’abri des complications liées à “la quantité d’alcool absorbée au cours de leur vie,” précise le Dr Martin. “Cela inclut la cirrhose du foie, les maladies du cerveau, les neuropathies, la pancréatite, la gastrite et le cancer de l’estomac.”

En effet, “Les personnes qui tolèrent le mieux l’alcool, et sont donc capables d’en boire davantage, ont plus de risques de devenir alcooliques,” avertit le spécialiste.

Compter sur sa tolérance à l’alcool est particulièrement dangereux en été.

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Il faut particulièrement surveiller sa consommation d’alcool pendant la saison estivale, indique Brad Uren, car les gens ont tendance à boire davantage quand il fait chaud.

“L’alcool déshydrate, et ne doit donc pas être consommé en lieu et place de l’eau ou d’autres boissons quand on fait du sport ou que l’on est dehors par temps de canicule,” rappelle le spécialiste.

L’alcool altère aussi la coordination et le discernement. Cela signifie que l’on devrait “éviter de boire de l’alcool pendant que l’on pratique des activités qui requièrent de la concentration ou de la coordination,” recommande le Dr Uren. Par exemple, faire du vélo, de l’escalade et des tas d’autres sports d’été amusants.

Rappelez-vous que les dangers de l’alcool ne dépendent pas de votre tolérance mais des verres que vous avez bu.

D’après Brad Uren, l’Institut National américain de lutte contre l’abus d’alcool et l’alcoolisme définit la consommation excessive d’alcool en ces termes : “‘boire suffisamment en l’espace de deux heures pour faire grimper son taux d’alcool à 0,08 grammes par litre de sang’. Il faut en moyenne quatre verres d’alcool à une femme pour atteindre ce taux, et cinq à un homme.”

Un verre d’alcool standard correspond à environ 12.5 cl de vin, 25 cl de bière ou 5 cl de spiritueux.

De façon générale, il convient d’éviter toute consommation d’alcool dangereuse pour la santé.

“Pour les hommes de moins de 65 ans, boire plus de 4 verres par jour ou 14 verres par semaine présente un risque pour la santé,” précise le spécialiste. “Les femmes et les hommes de plus de 65 ans ne doivent pas dépasser 3 verres par jour ou sept verres par semaine.”

Surtout, il ne faut jamais au grand jamais tenter de boire autant que ceux qui tiennent mieux l’alcool que soi.

“Bien tenir l’alcool est très souvent vu comme une démonstration de force, et les buveurs poids plume sont stigmatisés,” déplore le Dr Martin. Mais en réalité, ce sont eux les mieux lotis.

Cet article, publié sur le HuffPost américain, a été traduit par Iris Le Guinio pour Fast ForWord.

 

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