TUNISIE
28/11/2018 14h:13 CET | Actualisé 28/11/2018 16h:10 CET

Visite de Mohamed Ben Salmane en Tunisie: Des internautes dénoncent une censure sur la page Facebook de la présidence de la République

Certains ont vu leurs commentaires supprimés, alors que d'autres se sont retrouvés bannis de la page.

Facebook / Présidence Tunisie رئاسة الجمهورية التونسية / modifiée

La visite du prince héritier souadien, Mohamed Ben Salmane, soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat du journaliste opposant, Jamal Khashoggi, a provoqué un tollé général en Tunisie.

Un courant d’indignation a alors été observé aussi bien dans la rue que sur les réseaux sociaux, où une majorité s’est fermement opposée à cette visite, brandissant des slogans de toutes sortes dans l’espoir d’exercer une pression suffisante sur l’Etat pour annuler la visite de celui qui a été qualifié de “criminel de guerre”, en référence à l’implication de l’Arabie Saoudite dans la guerre au Yémen.

Mais rien de tous ces efforts n’a abouti, puisque Ben Salmane a été reçu en grandes pompes hier par le président Béji Caid Essebsi, qui l’a décoré des insignes du grand cordon de la République.

Colère des internautes

Il n’a donc pas été étonnant de voir la protestation des internautes se concentrer sur la page Facebook de la présidence de la République qui a publié les images de la visite du prince saoudien.

Mais selon plusieurs internautes, nombres de leurs commentaires auraient été supprimés par l’administrateur de la page de la présidence de la République. Plus inquiétant encore, quelques internautes affirment avoir été bannis de la page.

Un internaute vraisemblablement bloqué par l’administrateur de la page, n’est plus en mesure de s’y abonner ou de commenter, mais seulement de la partager, comme le montrent les captures d’écran ci-dessous.

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La censure a été confirmée par plusieurs autres internautes, comme Bouhdid Belhadi qui a dénoncé un travail de censure ordonné, puisque dit-il, les commentaires sont effacés très rapidement de la page.

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“A-ton payé des heures supplémentaires aux administrateurs de la page de la présidence de la République, pour qu’ils guettent, suppriment les commentaires et bannissent ceux qui sont contre la visite de l’assassin? Un temps de réaction record!”

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“Mission accomplie: La page Facebook officielle de la présidence de la République tunisienne bloque mes commentaires. Il parait qu’ils le font depuis un bout de temps, mais je viens de m’en apercevoir”

 

Yasmine Wardi Akrimi

 

Ainsi, sous la vidéo de la visite de Mohamed Ben Salmane publiée par la présidence de la République, il n’existe pratiquement aucun commentaire d’opposition, alors qu’une large contestation populaire a été observée hier sur les réseaux sociaux.

 

Plusieurs organisations avaient exprimé leur opposition à la visite du prince saoudien, à l’instar du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), ou encore l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates, qui avaient accroché des affiches et des slogans de protestation sur leur bâtiments.

Mais la présidence de la République ne voit pas les choses de cet œil, affirmant que la Tunisie reste sur sa position initiale, qu’elle condamne “l’assassinat atroce” de Jamal Khashoggi, qu’elle réclame la vérité à ce sujet, mais que cela “ne doit pas devenir un moyen de pression sur l’Arabie Saoudite, et toucher à sa stabilité.”

Le conseiller auprès de la présidence de la République, Noureddine Ben Ticha, avait pour sa part déclaré que le Prince saoudien est “le bienvenu en Tunisie”, tout comme les autres dirigeants arabes, relevant que “le président de la République a, depuis son accession à la magistrature suprême, œuvré à la consolidation des relations bilatérales avec les pays frères et amis”.

Il a, dans ce sens, affirmé l’importance du rôle de l’Arabie Saoudite dans la région, rappelant la solidité des liens séculaires qui unissent la Tunisie et l’Arabie Saoudite.

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