TUNISIE
27/11/2018 18h:15 CET

Violences-Quand les mots engendrent des maux. Le Tunisien interpellé pour y faire face

Mobilisation pour les 16 jours d’activisme contre la violence sexiste.

Facebook/Credif

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, marque le coup d’envoi des 16 jours d’activisme contre la violence sexiste. Cette mobilisation se poursuit jusqu’au 10 décembre qui coïncide avec la Journée des droits humains. 

En Tunisie, les associations se sont mobilisées pour alerter sur les persistances de toutes sortes de violences à l’égard des femmes-comme en témoigne les faits divers relatés par les médias- malgré l’adoption de la loi intégrale relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes en 2017. 

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L’Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche sur le Développement (AFTURD) a lancé la campagne 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en partenariat avec huit associations locales à Siliana, Jendouba, le Kef et les quartiers populaires d’El Kabbaria et Ettadhamon à la capitale. La campagne englobe des visites sur le terrain dans plusieurs établissements de ces régions afin de vulgariser la loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes.

Une autre campagne intitulée “Kifek-Kifha” a été lancée par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance avec le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF), et l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Cette action se focalise sur les violences verbales assez courantes dans l’espace public en Tunisie.

Le but est de prévenir les représentations négatives et dégradantes des femmes et leurs répercussions sur les victimes. 

Une étude qualitative du CREDIF sur “Les représentations sociales de la violences faites aux femmes chez les hommes, jeunes et adultes”, publié en juin 2018, a montré le degré d’enchevêtrement entre les représentations de la femme et la violence chez les hommes.

La violence est expliquée par les hommes interrogés par des facteurs plus récents, comme le mode de vie jugé “trop moderne”, la vitesse des changements sociaux en faveur des femmes. Ceux issus des milieux ruraux et pré-urbains pointent du doigt un style de vie “incompatible avec les mœurs et les valeurs de la société, provocateur et suscitant inévitablement des ‘réactions’”, souligne l’étude. 

En Tunisie, en moyenne 3000 plaintes sont déposées, chaque mois, par des femmes victimes de violences dans les postes de polices, a révélé Imen Zahouni, la directrice générale des affaires de la femme et de la famille au sein de ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, en juillet 2018; au HuffPost Tunisie. 

Certaines de ces plaintes peuvent être retirées par les victimes concernées, mises sous pression, mais le chiffre reste important, souligne-t-elle. 

L’étude montre ainsi que tout en admettant l’existence de la violence, les hommes interrogés la banalisent et ne l’assument pas. Combien de femmes partagent ces représentations d’elles-mêmes et de la violence? Beaucoup de spécialistes qui ont été présentes lors de la présentation de l’étude parlent d’une représentation similaire chez les femmes, d’une reproduction de ce schéma véhiculé par elles, étayées par différentes études et qui ouvre la perspective d’une enquête semblable auprès des femmes, assure Wafa Ammar, psychologue, co-réalisatrice de l’étude.  

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