TUNISIE
08/01/2019 16h:10 CET | Actualisé 09/01/2019 14h:29 CET

Violences envers les femmes: Y a-t-il une volonté politique? Aswat Nissa en doute

Absence de budget et autres lacunes dénoncées par Aswat Nissa.

kolderal via Getty Images

SOCIÉTÉ-Environ un an après l’entrée en vigueur de la loi intégrale relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes en 2017, l’effectivité de ladite loi est mise à mal, selon l’association Aswat Nissa.

L’organisation a publié un communiqué, ce 8 janvier, afin de dénoncer l’absence de transparence des ministères de l’Intérieur et de la Femme concernant la politique mise en place pour l’application de la loi 58.

 

L’ONG informe qu’elle avait demander d’accéder à des informations sur les avancées autour de l’application de la loi. Le ministère de l’Intérieur lui a fait savoir que 126 unités spécialisées dans les enquêtes sur les crimes de violence contre la femme et l’enfant ont été créées. Aswat Nissa dénonce le fait que 16 unités seulement sont chapeautées par des femmes, en notant que les femmes travaillant dans ce secteur représentent 38% de l’effectif. 

L’ONG n’a pas eu de réponse concernant l’avancée des affaires de harcèlement sexuel remis à la justice. 

Quant au ministère de la Femme, il informe que 7 centres d’accueil ont été mis en place, dont 4 en partenariat avec des associations locales, à Tunis, Jendouba et Zarzis. Alors que le fléau de la violence envers les femmes gangrène dans certaines régions en particulier-89.5% de violence sexuelle à Kébili par exemple- aucun centre d’écoute, ni de refuge n’a été créé dans ces régions. 

Absence de moyens

Concernant le budget alloué pour la loi 58, le ministère de la Femme avance que le budget du ministère pour l’année 2019 est toujours en cours de gestation. Même les quelques fonds dont dispose le ministère ne proviennent pas de l’Etat mais de partenaires internationaux.   

Pour 2018, le ministère de l’Intérieur justifie l’absence de budget en 2018 par le fait que la loi est entrée en vigueur la même année, en l’occurrence, le 16 février 2018. L’absence d’un budget alloué à l’application de la loi 58  pour chaque ministère concerné est un obstacle à la concrétisation de la loi, fustige Aswat Nissa. 

Dans ce cadre, l’ONG appelle à prendre les mesures nécessaires pour consacrer un budget bien déterminé et une politique lisible concernant l’application de la loi ainsi qu’une meilleure coopération et transparence avec la société civile. 

L’association insiste également sur la nécessité de former les intervenants pour la mise en application de la loi ainsi qu’une réforme du secteur de sécurité, notamment en ce qui concerne le recrutement et l’intégration de l’approche genre. 

 A noter que 800 cas de viol sont recensés annuellement en Tunisie, selon l’unité d’urgence médico-légale de l’hôpital Charles Nicolle dans une déclaration à l’hebdomadaire “Al Sabbah Al ousboui” dans son édition de ce lundi 7 janvier 2019, et confirmées au HuffPost Tunisie par le ministère de la Justice. Les statistiques révèlent que la majorité des cas de viol sont commis sur des mineurs de moins de 18 ans. “65% des victimes sont des enfants” précise le journal en ajoutant que 80% d’entre eux concernent des mineures de sexe féminin. 

 

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.