MAROC
27/11/2018 16h:53 CET

Violences à l'égard des femmes: Au Maroc, c'est la violence psychique qui prédomine selon une enquête

15% des femmes de 15 à 49 ans ont subi un acte de violence au cours des 12 derniers mois.

Ministère de la Santé

SANTE - 95,8% des violences contre les femmes au Maroc sont psychiques y compris verbales. C’est le ministre de la Santé, Anass Doukkali, qui révèle ce chiffre en présentant, ce mardi, les résultats de l’Enquête nationale sur la population et la santé de la famille (ENPSF 2018), lors de la 3ème Rencontre nationale des assistant(e)s social(e)s autour de la violence à l’encontre des femmes et des filles.

Inscrite dans le cadre de la célébration de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’encontre des femmes (25 novembre de chaque année), cette rencontre a permis au ministre de rappeler que le phénomène “est une préoccupation de santé publique”. Les résultats “significatifs” de cette enquête le justifient amplement, aux yeux du ministre. Après la violence psychique, c’est la violence physique qui arrive en deuxième position avec un taux de 20,2%, puis la violence sexuelle avec 4,2%.

L’enquête indique aussi qu’environ 15% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi un acte de violence au cours des 12 mois précédents (2017). Cette violence, précise le ministre, touche essentiellement les femmes mariées à 13,4% et cible la catégorie d’âge 34-49 ans.

Quant à la répartition géographique de cette violence, il semble que ce soit le milieu urbain qui est le plus concerné avec 17% contre 11,9% dans le milieu rural. La prévalence la plus élevée, ajoute Doukkali, est enregistrée au niveau de la région Casablanca-Settat avec 22,5%, suivie de la région Rabat-Salé-Kénitra avec 17,1%. Les régions du sud, elles, enregistrent la prévalence la moins importante, précise l’enquête, l’estimant entre 4,4% et 8,9%. 

En termes de mesures contre ce phénomène, le département de la Santé annonce dans un communiqué, publié aujourd’hui par la même occasion, qu’il met actuellement à disposition 96 unités intégrées de prise en charge. Ces dernières sont implantées dans les hôpitaux au niveau desquelles les assistantes sociales ont pour mission de coordonner tout le circuit de prise en charge des victimes.

Entre 2012 et 2017, plus de 80.000 femmes victimes de violences physiques et sexuelles ont été prises en charge sur le plan médical, médico-légal et médico-social, indique la même source. D’ici 2025, le ministère veut améliorer ses services de prise en charge des victimes en en faisant “un axe d’intervention prioritaire”. C’est le ministre qui s’y engage “en soutien de première ligne”, rappelant que son département “a instauré la gratuité du certificat médico-légal pour appuyer les victimes dans ce chemin qui les mène vers la résilience et le recouvrement de leur droit”.