MAROC
01/09/2019 16h:37 CET

Villeurbanne: ce que l'on sait des agressions à l'arme blanche

Un jeune de 19 ans a été tué et 8 personnes blessées. Les motivations du suspect demeuraient floues dans l'immédiat.

ASSOCIATED PRESS
Les enquêteurs sur les lieux des agressions au couteau à Villeurbanne. 

VILLEURBANNE - Des zones de flou persistent et l’enquête se poursuit après les agressions au couteau perpétrées à Villeurbanne, prêt de Lyon, ce samedi 31 août qui ont fait un mort et plusieurs blessés. Un homme armé d’un couteau et d’une fourche de barbecue s’en est pris aux passants à une sortie de métro, tuant un jeune de 19 ans et blessant huit autres personnes.

Trois d’entre elles étaient dans un grave, mais leur pronostic vital n’était plus engagé dimanche 1er septembre.

Le HuffPost France revient point par point sur les faits:

  • Qui est l’auteur des faits?

L’auteur présumé de cette agression aux motifs encore inexpliqués a été arrêté et placé en garde à vue pour “assassinat et tentative d’assassinats”, a indiqué à l’AFP le parquet de Lyon. Il s’agit d’un Afghan d’une trentaine d’années, demandeur d’asile, inconnu des services de police et de renseignement. Lors de son arrestation, il a présenté des identités et dates de naissance différentes avant que la police confirme l’une de ces identités. 

Les autorités ont dans un premier temps fait état d’un 2e suspect en fuite, mais le parquet et une source policière ont ensuite démenti l’existence d’un second auteur.

A droite et à l’extrême-droite, la nationalité de l’assaillant n’a pas manqué de faire réagir. “La naïveté et le laxisme de notre politique migratoire menacent gravement la sécurité des Français!”, a notamment écrit la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur Twitter.

 

Bénéficiant d’une carte de séjour temporaire en France, l’assaillant présente un ”état psychotique”, selon l’expertise psychiatrique menée ce dimanche 1er septembre. Le procureur de la République de Lyon a par ailleurs indiqué que l’homme avait consommé une importante quantité de cannabis avant l’agression de samedi.

  • Des agressions aux motifs inexpliqués

L’auteur des agressions a été arrêté et placé en garde à vue pour “assassinat et tentative d’assassinats”, a indiqué à l’AFP le parquet de Lyon.

Le maire de Villeurbanne s’est exprimé samedi soir, assurant que le motif terroriste n’était ni retenu ni écarté. L’hypothèse terroriste n’était toutefois pas privilégiée. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) n’a pas été saisi même s’il suit la situation de près.

“La police nationale est mobilisée, sous l’autorité du procureur de la République, pour faire toute la lumière sur l’agression à l’arme blanche survenue à Villeurbanne. Je suis la situation”, a réagi dans un tweet le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ajoutant que ses “pensées vont aux proches et à la famille du jeune homme qui a perdu la vie”.

Le maire de Lyon et ex-ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’est rendu rapidement sur les lieux appelant lui à “rester très prudent” sur le caractère terroriste ou pas de cette “attaque au couteau”.

Ce dimanche 1er septembre, le procureur de la République de Lyon a indiqué que l’assaillant avait reconnu “partiellement les faits” tout en tenant des propos “incohérents et confus” disant notamment “avoir entendu des voix insulter Dieu et lui donnant l’ordre de tuer”. A ce stade, aucun élément n’attestait d’une radicalisation de l’individu.

  • Des passants ont aidé à l’appréhender

Les faits se sont produits autour de 16h30 au niveau de la station de métro Laurent Bonnevay, située sur la ligne A qui relie Lyon à Vaulx-en-Velin. 

La sortie du métro mène à une grande esplanade qui est bordée d’une grande avenue et d’un parking, avec à proximité l’Astroballe, la salle de basket de l’Asvel, le club de Villeurbanne. 

Le suspect armé d’un couteau et d’une fourche de barbecue “s’est mis à mettre des coups de couteau dans tous les sens” devant un arrêt du bus, selon le témoignage d’une jeune fille au débardeur taché de sang, interrogée par l’AFP peu après les faits.

C’est grâce à l’intervention des passants et des agents TCL (les transports en commun lyonnais) qu’il a pu être appréhendé. Le maire de Villeurbanne Jean-Paul Bret a salué le “courage” de ces “gens qui ont quand même pris leurs responsabilités”.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et diffusée par de nombreuses chaînes de TV, on voit un homme à la peau mate, barbe noire courte, bien taillée, sweet capuche noir et baskets rouges avec une lame et une petite fourche dans une main discutant avec des hommes, avant de jeter ses armes puis s’accroupir à la sortie d’un ascenseur du métro.

  • Ce que l’on sait sur les victimes 

Un journaliste de l’AFP a vu un corps emballé dans un sac mortuaire et embarqué dans une ambulance, des traces de sang au sol à proximité de la station de métro autour de laquelle un large périmètre de sécurité était en place. Il s’agirait du jeune homme de 19 ans dont la mort a été confirmée.

Parmi les 8 blessés, trois étaient dans un état grave mais ne se trouvaient plus en urgence vitale absolue, selon le procureur. Cinq autres personnes ont été moins gravement atteintes. 20 autres personnes choquées ont aussi été prises en charge par les pompiers.

“Il a réussi à toucher, à ouvrir le ventre d’une personne. Il a mis un coup de couteau dans la tête à un mec, il a ouvert l’oreille à une dame sur l’arrêt du bus”, a rapporté la jeune femme interviewée par l’AFP, des sanglots dans la voix. 

Les personnes ont fui, se sont réfugiées où elles ont pu, dans des bus notamment, rendant difficile le travail des secours, ont rapporté les pompiers.

Gérard Collomb a affirmé que l’auteur des agressions visait “des personnes qui attendaient leur bus dans un endroit très fréquenté” et qu’il avait agi “de manière assez soudaine”.

 

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.