TUNISIE
08/08/2019 10h:50 CET

Vif émoi après la mort de Jimmy Aldaoud, expulsé des Etats-Unis vers un pays où il n'a jamais vécu

Âgé de 41 ans, Jimmy Aldaoud souffrait de troubles mentaux et ne parlait pas arabe lorsqu'il a été envoyé en Irak.

ASSOCIATED PRESS
Jimmy Aldaoud avait bien la nationalité irakienne, mais il était né en Grèce et avait déménagé aux États-Unis enfant.

INTERNATIONAL - Jimmy Aldaoud n’avait jamais vu l’Irak de sa vie, c’est pourtant là où il est mort mardi 6 août. 

Comme le relate Politico, cet homme de 41 ans souffrant de diabète et de troubles mentaux avait passé la plupart de sa vie aux États-Unis, avant d’être arrêté par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence de police douanière, puis expulsé en juin. Son histoire est un exemple, parmi d’autres, de la tolérance zéro en matière d’immigration de l’administration Trump.

D’après ses amis et sa famille, Jimmy Aldaoud avait bien la nationalité irakienne, mais il était né en Grèce. C’est encore en bas âge que sa famille avait ensuite déménagé aux États-Unis.

D’après Edward Bajoka, un avocat spécialiste de l’immigration et proche de l’entourage du défunt, Jimmy Aldaoud est vraisemblablement mort de ne pas avoir eu accès à de l’insuline. C’est ce qu’il explique dans un post Facebook dans lequel il ajoute que le défunt souffrait aussi de troubles mentaux: ” Il ne connaissait personne là-bas. Il ne parlait pas l’arabe. Il était membre de la minorité chaldéen. C’était un schizophrène paranoïaque. Sa santé mentale a été la principale raison de ses problèmes juridiques qui ont conduit à son expulsion”.

Dans le passé, le quarantenaire avait été arrêté pour trouble à l’ordre public et condamné à 17 mois de prison pour violation de domicile.

La mort de Jimmy Aldaoud a en tout cas suscité un vif émoi.

Outre que l’article de Politico a été relayé par plusieurs personnalités américaines sur Twitter, dans un communiqué Miriam Aukerman, avocate de l’American Civil Liberties Union qui suivait le dossier de Jimmy Aldaoud, s’est également désolée de ce décès. “Nous savions qu’il ne survivrait pas à l’expulsion. Ce que nous ne savons pas, c’est combien de gens l’ICE va encore envoyer à leur mort”, a-t-elle tancé.

Le représentant démocrate du Michigan, Andy Levin a également adressé une critique similaire aux services de l’immigration: “Mes collègues républicains et moi-même n’avons cessé de demander à l’exécutif d’arrêter l’expulsion de personnes aussi vulnérables. Maintenant quelqu’un est mort. Nous ne pouvons pas attendre un jour de plus avant d’agir”.

Le représentant à la Chambre a également évoqué les nombreux problèmes qui se posent désormais pour offre à Jimmy des funérailles catholiques. “A l’heure actuelle, les autorités irakiennes refusent de rendre le corps à un prêtre catholique sans de nombreux documents que pourraient fournir sa famille aux États-Unis. Quelle ironie cruelle”, a-t-il ajouté sur Twitter l’élu du Michigan où vivent près de 160.000 Chaldéens. Beaucoup ont fui l’Irak après l’invasion de Daech. 

Contacté par Politico, ni la Maison-Blanche ni l’ICE n’ont donné suite. Ce mercredi, des “raids” des services de l’immigration dans le Mississippi ont mené à l’arrestation de près de 700 personnes.

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