MAROC
04/06/2018 18h:26 CET

Vidéo de l'agression à Safi: Les assaillants poursuivis pour coups et blessures

Aucune charge n’a été retenue contre les deux victimes.

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JUSTICE - Ils devaient s’expliquer devant le procureur général près la Cour d’appel de Safi, ce lundi, sur ce qui s’est réellement passé. Quelques jours après la publication d’une vidéo choc montrant un groupe d’hommes cagoulés armés de bâtons agressant une jeune femme, le visage en sang, qui était dans un véhicule avec le chauffeur à douar Ouled Amrane à Jemaat S’heim (Safi), le parquet de la ville s’est saisi de l’affaire. Ce lundi, il a décidé de poursuivre les assaillants. 

Dans un communiqué du procureur général près la Cour d’appel de Safi, ce dernier a décidé de poursuivre les 14 hommes qui avaient constitué le groupe ayant agressé la jeune femme et le chauffeur du véhicule. 13 ont été maintenus en détention, tandis qu’un seul a été poursuivi en état de liberté provisoire. Ils doivent répondre de trois chefs d’accusations: coups et blessures, vol et pour avoir endommagé des biens de particuliers. Ils seront déférés devant le tribunal de première instance demain, le mardi 5 juin, indique le communiqué. 

Aucune charge n’a été en revanche retenue contre les deux victimes. Celles-ci avaient été pourtant soumises à une garde à vue pour avoir entretenu une relation extraconjugale. Certaines informations laissaient entendre qu’elles seraient poursuivies elles aussi pour débauche et adultère. Elles ne le seront pas.

Devenue virale sur les réseaux sociaux, la vidéo de l’agression devait apparemment “illustrer une correction bien méritée”. Le groupe d’assaillants a choisi d’utiliser la loi de la jungle pour sanctionner le couple qu’il soupçonnait d’entretenir des relations sexuelles hors mariage. La jeune femme, qui serait étudiante, n’a pas eu le droit de s’exprimer face à ses agresseurs sans pitié. Quant à l’homme qui l’accompagnait, il n’a pas réussi à les arrêter. 

Interpellés par Al Jarida 24 sur l’agression qu’ils ont perpétrée, c’est à visage découvert que les hommes cagoulés sur la vidéo ont estimé n’avoir commis aucun délit.