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27/01/2015 07h:35 CET | Actualisé 29/03/2015 06h:12 CET

Victoire de Syriza: La fin des dynasties politiques en Grèce?

INTERNATIONAL - La victoire de Syriza aux élections législatives d'hier incarne bien une rupture politique en Grèce avant d'incarner une rupture de politique économique. C'est tout un symbole et peut-être la fin d'une ère, celle des dynasties politiques.

A l'instar du Japon ou du Liban, les dynasties politiques ont été les protagonistes de la vie politique en Grèce pendant des décennies.

Depuis la chute de la dictature des colonels en 1974, deux partis monopolisaient la scène politique grecque et s'alternaient au pouvoir. Le PASOK, mouvement socialiste hellénique fondé et dirigé par les Papandréou et la Nouvelle démocratie est un parti de droite contrôlé par les Karamanlis et les Mitsotakis.

La victoire de Syriza aux élections législatives d'hier incarne bien une rupture politique en Grèce avant d'incarner une rupture de politique économique. C'est tout un symbole et peut-être la fin d'une ère, celle des dynasties politiques.

La descente aux enfers du PASOK se poursuit. En 2009, il a remporté les élections législatives avec 160 sièges à la Vouli, la chambre monocamérale du Parlement grec. En 2011, il perd 119 députés, une vraie bérézina électorale; il ne lui en reste que 41. La malédiction continue et en 2013, il ne compte plus que 33 députés. Le coup de grâce est intervenu hier soir, quand le PASOK n'a remporté que 13 sièges.

Autre enseignement, il n'y aura aucun Papandréou à la Vouli. C'est une première depuis 92 ans. Car cette famille de Péloponnèse y siège depuis 1923 et a donné trois chefs de gouvernement à la Grèce. D'abord, le grand-père Georges, ensuite le fils Andreas et enfin le petit-fils Georges également.

Mais ce dernier est contraint de démissionner de son poste de chef du gouvernement dans la foulée de la crise économique de 2011 et de quitter la présidence du PASOK. Il fonde un nouveau parti, Kinima (Mouvement des socialistes démocrates), le 2 janvier 2015 soit trois semaines avant les législatives.

Ce parti ne récolte que 2,8 % des suffrages. Soit en deçà de la barre des 3 % des suffrages pour entrer au Parlement, où il ne siégera pas. Mais il est depuis 2006 président de l'Internationale socialiste.

Quant à la Nouvelle démocratie, ce parti a perdu la majorité à la Vouli mais y remporte 76 sièges. Il sort donc affaiblit des législatives d'hier mais il demeure loin du déclin du PASOK. Ce parti a été longtemps contrôlé par les Karamanlis, d'abord l'oncle Constantin puis son neveu Costas dit Costaki, le petit Constantin.

Les Mitsotakis l'ont aussi marqué avec le père, Constantin Mitsotakis qui fut chef du gouvernement, mais aussi le fils, député et la fille Dorra Bakoyannis qui fut ministre des Affaires étrangères mais aussi maire d'Athènes, connue pour son excellente organisation des Jeux Olympiques dans cette ville en 2004. Elle est battue en 2009 par Antonis Samaras pour la présidence de la Nouvelle démocratie mais devrait s'y représenter cette année après la défaite électorale d'hier.

Le parti de la gauche radicale Syriza, acronyme de Coalition de la gauche radicale, est une coalition de vingt formations politiques d'extrême gauche qui se sont transformées en un seul et unique parti en 2012. Cette même année, ils fondent un cabinet fantôme, tradition ancrée en Grande-Bretagne, pour permettre à l'Opposition de bien maîtriser les dossiers et de se préparer à une éventuelle arrivée au pouvoir.

On connait ce parti par la figure charismatique de son leader, Alexis Tsipras, qui depuis une période pondère son discours, ne parle plus d'une sortie de la zone euro mais insiste sur la renégociation de la dette grecque.

Il est encore tôt pour affirmer que les dynasties politiques grecques aient tiré leur révérence mais il est évident que leur gestion de l'Etat grec a été calamiteuse et qu'elle a conduit le pays à l'abîme.

Cependant, le berceau de la démocratie restera un laboratoire politique pour l'Europe mais aussi pour tous les pays méditerranéens, ce qui n'est pas étrange venant de la partie de Polybe, grand théoricien politique.

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