TUNISIE
10/06/2019 20h:24 CET

Vers une plus grande protection des bancs de Skerki, "cimetière des épaves en Méditerranée"

Le site des bancs de Skerki est un site subaquatique d’une valeur archéologique riche situé entre la Tunisie et l’Italie

Gavin Parsons via Getty Images

La Tunisie abrite les 10 et 11 juin 2019 la première réunion internationale sur la protection du patrimoine culturel subaquatique. Cette réunion concerne la protection du site des bancs de Skerki, un site subaquatique d’une valeur archéologique riche situé aux larges du bassin méditerranéen entre la Tunisie et l’Italie. Cette réunion marquera le coup d’envoi effectif, sous la présidence de la Tunisie “pays coordinateur”, du projet de la protection des bancs de Skerki dans le cadre de la première application à l’échelle internationale de la convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de l’UNESCO adopté en 2001.

 

Dans son mot d’ouverture, le directeur général de l’Institut National du Patrimoine (INP), Faouzi Mahfoudh a fait savoir que cette première réunion s’inscrit dans un processus qui vise à engager une coopération entre les pays membres de la convention de l’Unesco de 2001 afin de surmonter les défis rencontrés pour la protection du patrimoine subaquatique et ceci en s’appuyant sur un effort conjoint de coopération entre les Etats membres de la convention.

De son côté, l’ambassadeur délégué permanent de la Tunisie auprès de l’Unesco, Ghazi Gherairi a mis l’accent sur l’importance symbolique de cette réunion qui s’avère être la première réunion de la mise en application d’une coopération internationale sur la protection et la mise en valeur du patrimoine culturel subaquatique dans le cadre de la Convention de l’UNESCO adopté en 2001.

“Cette réunion de mise en œuvre pratique du mécanisme de protection des bancs de Skerki a été précédée par une réunion diplomatique organisée le 6 février dernier” a précisé Gherairi. “Cette première réunion va définir les étapes et les rôles de chaque pays dans la protection du site archéologique”.

Dans ce projet, la Tunisie sera “le pivot et l’Etat coordinateur” de la mise en application du système de protection, s’est félicité Gherairi en ajoutant que la mise en application d’une manière effective de la Convention de l’Unesco sera un premier cas pratique et une expérience modèle pour protéger d’autres sites submergés dans le monde.

Dans le même contexte, le secrétaire de la Convention de 2001, Lazare Eloundou Assomo a souligné l’importance de cette réunion organisée 18 ans après la signature de la convention, précisant que les travaux seront présentés lors de la réunion des Etats parties autour de la protection du patrimoine subaquatique les 20 et 21 juin 2019.

De son côté, le secrétaire général de la commission nationale de l’Unesco Mohamed Bouhlel a indiqué que la première initiative de coopération internationale pour la protection du site Skerki concerne le partage des informations entre les Etats membres ainsi que la coopération technique et scientifique en vue d’une meilleure protection des sites submergés.

Dans une déclaration à l’agence TAP, Ouafa Slimane, chargée de recherches à l’INP - spécialiste dans le patrimoine subaquatique-, a mis l’accent sur la valeur archéologique du site des bancs de Skerki qui est un écueil (un rocher affleurant à la surface de l’eau et présentant des dangers pour la navigation) situé aux larges de la Méditerranée entre la Tunisie et l’Italie.

Appelé “le cimetière des épaves en Méditerranée”, ce rocher présente une zone de naufrage de bateau depuis la plus haute antiquité, a expliqué Ouafa Slimane mettant l’accent sur la richesse archéologique du site. Et de préciser” Le site regorge d’épaves de bateaux de différentes civilisations (punique, romaine, musulmane..). Il a été aussi le lieu de “la bataille du banc de Skerki”, dernière grande confrontation navale en Méditerranée en 1942.”

En plus des moyens bilatéraux de protection, un projet scientifique international sera élaboré autour des bancs de Skerki en vue de mettre en place un laboratoire de recherche international spécialisé dans le patrimoine subaquatique, a-t-elle ajouté.

En présence des représentants des Etats intéressés par la protection des Bancs de Skerki (l’Algérie, l’Egypte, l’Espagne, la France, l’Italie et le Maroc), des experts de l’Institut national du patrimoine (INP) et de l’Unesco, la première réunion sur la protection du patrimoine culturel subaquatique sur les bancs de Skerki mettra en place un plan d’action pour la mise en œuvre des mécanisme de protection et de collaboration au niveau technique et scientifique entre les Etats en vue de protéger le site de Skerki.

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