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21/09/2019 18h:09 CET | Actualisé 21/09/2019 18h:15 CET

Vendredi 31, le message des Algériens au pouvoir: l’opportunité historique est toujours ouverte

RYAD KRAMDI via Getty Images
TOPSHOT - Algerian protesters take part in a demonstration against the country's army chief in Algeria's capital Algiers on September 20, 2019, as the police toughens its line ahead of December elections. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP) (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)

Le régime s’est emprisonné lui-même dans son antique vision fondée sur le paternalisme, il s’est trompé dans sa lecture de la réalité nouvelle dont nous parle la révolution pacifique, devenue désormais, la claire réalité algérienne. 

Ni l’encerclement de la capitale, ni les discours d’intimidations, ni la campagne d’arrestations contre ceux que le pouvoir croit être les “têtes” de la révolution qu’il est temps de cueillir, n’ont réussi à convaincre les Algériens de rester chez eux. Si tous les regards étaient dirigés vers la capitale pour voir ce qu’elle fera lors du vendredi du défi de l’encerclement, les autres villes du pays ont montré, à travers des marches imposantes, que la révolution silmiya est intelligente. Et qu’elle est devenue toute entière une  “tête” que rien ne sépare du corps. Du coup, les détenus ne sont pas les têtes que l’on peut cueillir et la capitale n’est pas le coeur nu que l’on peut tuer par étouffement. Et pour que la réponse soit claire, les slogans étaient unifiés pour rejeter la politique du fait accompli et le discours de l’intimidation. 

 

Un faux postulat sur le peuple

Le vendredi “31” a ruiné une vision fondée sur le postulat que le peuple est un mineur que l’on peut berner. De cette vision est née l’idée qui considère que tout ceux qui descendent dans la rue sont manipulés, voire même ramenés dans des véhicules vers la capitale pour accroître le nombre des manifestants. Cela s’est exprimé dans un précédent discours selon lequel il était dit qu’ils sont manipulés par ceux qui prennent  la tête des manifestations et qu’ils sont poussés à reprendre des slogans creux. Cette vision considère que ces manifestants sont des niais qui ne connaissent pas l’intérêt du pays. Sauf que sur le terrain, l’empêchement des propriétaires de véhicules d’accéder à la capitale n’a pas réussi à réduire le nombre des manifestants et les arrestations de militants n’ont pas induit un changement dans les slogans des manifestants. La seule chose que le discours officiel a confirmé est une reconnaissance implicite que le nombre des manifestants est haut à un point embarrassant, suffisant pour entraver le fait accompli. 

 

Construire un consensus vertueux

Ce n’est pas seulement le discours officiel qui a été ruiné ce vendredi. Avec lui sont tombées les thèses du complot sans cesse répétées par ceux qui discourent dans tous les médias dans un sens unique. Et aussi par certains pseudo-intellectuels qui se croient dépositaires du monopole de la sagesse et qu’ils sont les seuls à comprendre les menaces qui entourent le pays justifiant la nécessité d’aller rapidement aux élections présidentielles.  Mieux, ils adoptent une nouvelle définition de “l’intérêt national” en classant ceux qui s’opposent l’option des présidentielles dans les conditions fixées et dans la situation actuelle dans la case de ceux qui portent atteinte à l’intérêt national.

La révolution continue, forte et intelligente. Elle laisse, avec son pacifisme,  la porte ouverte à la construction d’un consensus national qui met l’Algérie sur la bonne voie et lui évite une aventure qui pourrait nous faire perdre d’autres années et nous coûter un prix trop élevé. Oui, l’opportunité historique offerte par la révolution silmiya est toujours là. Elle le demeurera dès lors que les Algériens restent déterminés à gagner la bataille de liberté pour engager le processus de construction de l’Etat de droit.

 

Traduit de l’arabe par le HuffPost Algérie - Article original