ALGÉRIE
17/05/2019 09h:19 CET | Actualisé 17/05/2019 09h:37 CET

Vendredi 13: Alger et Bordj Bou Arreridj villes bouclées

HuffPost Algérie

Vendredi XIII, cinq heures du  matin, peu avant la station de Ain Zada sur l’autoroute Est-Ouest. Les gendarmes ont déjà installé leur barrage. Seule une voie laisse passer les véhicules. Un dispositif qui n’y était pas la semaine dernière. En tous cas pas à cette heure-ci. A l’approche de la bretelle qui mène vers la ville de El Bordj, même dispositif renforcé des deux côté de l’autoroute. Le ton est donné dans la partie de filtrage et limitation des manifestants menée chaque vendredi par les forces de sécurité. Ce vendredi promet d’être plus serré.  

Il est clair que El Bordj, baptisée, capitale du soulèvement populaire, est devenue aujourd’hui un autre enjeu pour les démonstrations de force et pour la bataille de l’image du hirak. Ce qui explique le dispositif sécuritaire installé à l’approche de la ville qui mobilise les foules de plus en plus.

La mobilisation qui a marqué le premier vendredi du ramadan a visiblement poussé le pouvoir à renforcer ses dispositifs sécuritaires à l’approche des villes considérées comme à la pointe de la contestation.

A l’approche de la capitale le premier barrage est implanté à l’entrée du premier tunnel. Les gendarmes filtrent les véhicules voiture par voiture. A partir de là, les usagers de cette route remarquent la multiplication des barrages mais surtout une forte présence de gendarmes et de policiers.

Une fois le barrage de la gendarmerie de Rouiba dépassé, on débouche sur un autre barrage filtrant au niveau de Dar El Beida. Celui-là aussi est tenu par des gendarmes.

A Bab Ezzouar, on croise le premier barrage de policiers. En position de stopper les foules, boucliers en main ils barrent la route et filtrent également les véhicules un par un. Inutile de dire que ceux dont les matricules n’affiche par le 16 d’Alger sont systématiquement arrêtés et fouillés.  La forte présence des policiers en civils au niveau de ce barrage ne passe pas inaperçue.

L’habituel barrage des bananiers est aussi  filtrant. Seule une voie est ouverte à la circulation alors que les policiers, nerveux, arrêtent voitures non immatriculés à Alger et les bus aussi. Une fois ce barrage passé, on constatera que beaucoup de voyageurs poursuivent leur route sur Alger à pieds.

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A El Hamma comme à Tafourah, même dispositif policier, même attitude policière.  Arrivé à Alger, on est frappé par la forte présence policière à la Grande Poste et les jardins alentours.

Il n’est que 7h du matin. Une dizaine de manifestants est déjà sur place. Interdit d’occuper les marches de la Grande-Poste, ils restent sur la voie publique et scandent les slogans habituels. Les policiers ont également pris place à l’avenue pasteur et occupent déjà le tunnel des facultés. Il reste plusieurs heures avant l’heure prévue pour le début de la manifestation mais la police occupe déjà le centre-ville. Les premières interpellations sont signalées.