ALGÉRIE
22/09/2019 14h:18 CET

Véhicules d’occasion importés : l'objectif est de créer un marché "concurrentiel" avec ceux montés localement ( ministre)

STRINGER via Getty Images
Cars drive on a road in the Algerian capital Algiers on February 1, 2017. / AFP / STRINGER (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images)

Les conditions d’importation par des particuliers de véhicule de moins de trois années d’âge sont l’objet de vifs débats au sein de la société. Pour les Algériens, cette question mérite d’être mieux examiné. Si l’objectif est de permettre aux citoyens d’acheter des véhicules moins chers que ceux montés localement, il faudra alors que l’âge du véhicule soit moins de 5 ans. Pour d’autres l’opération d’importation est elle-même assez coûteuse pour être profitable à l’Algérien moyen.  

Passant outre ces préoccupations, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, signale que, “sous certaines conditions”, les  véhicules d’occasion “ne sont pas interdits à l’importation” partout dans le monde.

Dans une déclaration à la chaine 3 de la Radio Algérienne, le ministre pose la question du coût des véhicules montés en Algérie. Pour lui, en autorisant l’importation d’automobiles ayant déjà roulées on crée un “marché concurrentiel”, laissant le choix à des citoyens, soit d’en acquérir un qui a déjà roulé, soit de faire l’acquisition d’un véhicule neuf monté localement.

Il explique que la décision prise par le gouvernement d’ouvrir le pays aux véhicules d’occasion ramenés de l’étranger, l’a été pour inciter l’industrie automobile en Algérie à se placer “dans la chaine des valeurs mondiales”.

Pour autant, tient-il à préciser, il n’est pas question “d’importer n’importe quoi”, rappelant que les voitures importées doivent, en plus de présenter les conditions de sécurité maximum, rouler à l’essence et être adaptable au GPL.    

Le représentant d’une association de protection des droits des consommateurs, Hassan Menouar, observe d’emblée que l’ouverture du marché de l’automobile n’occasion “n’apportera rien à l’économie nationale”.

Pour lui, si l’Etat est parti sur des investissements de l’industrie de montage de véhicules, “il faut qu’il continue” sur cette voie et non pas qu’il “fasse marche arrière” et “penalise” ainsi les investisseurs.

Selon lui, l’accès à un véhicule d’occasion de moins de trois ans n’est pas rentable sachant, déclare-t-il, “qu’il ne coûtera pas moins de 10.000 euros” et qu’outre son prix d’achat il nécessitera le paiement de frais pour son transport mais aussi les taxes douanières.

L’auteur de cette enquête rappelle, par ailleurs, que l’importation des véhicules d’occasion est prévue dans le projet de la Loi de finances de 2020 lequel est appelé à être prochainement discuté au sein de l’APN.