MAGHREB
29/04/2014 04h:21 CET | Actualisé 29/04/2014 04h:22 CET

Les Etats-Unis demandent à l'Egypte d'annuler 1 200 condamnations à mort

AFP
Une femme montre le portrait d'un condamné à mort en Egypte.

Les Etats-Unis ont dénoncé avec force lundi les condamnations à mort de près de 700 islamistes présumés en Egypte et ont appelé Le Caire à annuler ces peines ainsi que celles imposées fin mars contre plus de 500 autres.

Simultanément, le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmy, en visite à Washington, a prévenu que les relations de son pays avec les Etats-Unis demeuraient difficiles.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a dénoncé "le verdict d'aujourd'hui, comme celui du mois dernier" comme "un défi aux règles les plus élémentaires de la justice internationale". Il a fustigé un "précédent dangereux".

Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par le recours continuel aux procès et aux condamnations de masse en Egypte, et particulièrement les condamnations à mort de 683 accusés aujourd'hui lundi, a écrit M. Carney dans un communiqué.

"Ce verdict est totalement incompatible avec les obligations de l'Egypte en termes de droits de l'homme. Les dirigeants égyptiens doivent prendre position contre ces mesures illogiques (...) et reconnaître que la répression de la contestation pacifique ne fera que nourrir l'instabilité et les radicalisations que l'Egypte dit vouloir empêcher. Nous pressons le gouvernement égyptien de mettre fin aux procès de masse, d'annuler les condamnations et de faire en sorte que tous les citoyens bénéficient d'un procès équitable".

Nous pressons le gouvernement égyptien de mettre fin aux procès de masse, d'annuler les condamnations (de lundi) et les précédentes (du 24 mars), et de faire en sorte que tous les citoyens bénéficient d'un procès équitable.

Le département d'Etat américain a lui aussi dénoncé ces nouvelles condamnations "insensées" visant les partisans des Frères musulmans du président islamiste destitué Mohamed Morsi. Le Royaume-Uni, la France et l'ONU ont également fait part de leur inquiétude.

Lundi soir, l'ambassade d'Egypte à Washington a répondu à ces "déclarations critiques des Etats-Unis" que la justice était indépendante et que ces condamnations étaient susceptibles d'être interjetées en appel.

Simultanément, le ministre des affaires étrangères égyptien Nabil Fahmy, en visite à Washington, a prévenu que les relations de son pays avec les Etats-Unis allaient demeurer difficiles.

Les Américains ont partiellement levé la semaine dernière le gel de leur aide militaire au Caire de 1,3 milliard de dollars par an, imposé après le renversement du président Morsi et la répression de ses partisans.

Washington a invoqué la nécessaire lutte commune contre le "terrorisme", mais a assuré qu'il continuerait à tancer l'Egypte pour son mauvais bilan en matière de droits de l'homme.

M. Fahmy a reconnu que les liens entre Le Caire et Washington, alliés depuis 35 ans, avaient été mis à mal depuis la révolution de février 2011 ayant renversé Hosni Moubarak, suivie par l'élection au printemps 2012 du président Morsi renversé à son tour en juillet 2013 par les militaires.

"Les relations ont connu et pourraient connaître encore des périodes de turbulences", a dit M. Fahmy, ancien ambassadeur aux Etats-Unis.

"Mais il est dans l'intérêt des deux pays de revigorer les fondements uniques de la relation Egypte/Etats-Unis, laquelle semble être à la dérive ces dernières années", a plaidé le diplomate.

"Pour ce faire, Washington doit reconnaître l'existence d'une nouvelle Egypte avec un peuple vigoureux et exigeant (...) qui n'acceptera pas de pression extérieure", a mis en garde M. Fahmy.

Les Etats-Unis ont partiellement levé la semaine dernière le gel de leur aide militaire au Caire de 1,3 milliard de dollars par an, imposé après le renversement du président Morsi et la répression de ses partisans.

Washington a invoqué la nécessaire lutte commune contre le terrorisme, mais a assuré qu'il continuerait à tancer l'Egypte pour son mauvais bilan en matière de droits de l'homme.

À noter que, depuis la destitution de Morsi en juillet 2013, plus de 1.400 manifestants islamistes ont été tués par les forces de l'ordre, plus de 15.000 pro-Morsi arrêtés et plus de mille ont été condamnés à mort ou à de lourdes peines de prison dans des procès expéditifs.

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En juillet 2013, des pro-Morsi avaient défilés à Tunis:

Galerie photo Manifestation pro Morsi organisée par Ennahdha Voyez les images
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