ALGÉRIE
05/03/2019 13h:12 CET | Actualisé 06/03/2019 11h:55 CET

UNOP : la politique des prix du médicament en Algérie entrave le développement du secteur pharmaceutique

L’Union nationale des opérateurs de la pharmacie a réalisé une étude sur la politique des prix des médicaments en Algérie.

Ahmed Sahara

L’Union nationale des opérateurs de la pharmacie a présenté hier 04 mars une étude sur la politique des prix des médicaments en Algérie. Commandé au bureau d’études IQVIA, cette étude a démontré que la tarification complexe des médicaments en Algérie entrave le développement du secteur pharmaceutique.


«La politique des prix des médicaments en Algérie a été en débat lors de deux conseils interministériels ou il a été dit que les prix des médicaments en Algérie sont le plus élevé. La réalité est évidemment toute autre. Cette étude démontre clairement que les prix appliqués en Algérie sont le plus élevé de la région » précise Abdelouhed Kerrar, président de l’UNOP.

Cette étude sur la politique tarifaire des médicaments en Algérie a été réalisée en comparaison avec les prix des médicaments appliqués dans huit pays référents à savoir : la France, la Belgique, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Grèce, la Turquie, la Tunisie et le Maroc. L’étude s’est basée sur 51 molécules. Le choix de celles-ci est motivé par leur disponibilité en Algérie et dans les pays référant.


«Nous avons choisi ces pays du benchmark car le ministère de la santé et le comité économique se réfèrent à ces pays-là pour fixer les prix du médicament en Algérie » précise Nathalie Bassil, responsable chez IQVIA.


Selon elle les prix des médicaments en Algérie sont les plus bas dans la région. Elle affirme que cette politique tarifaire empêche le développement du secteur.

“Cette politique tarifaire et censée améliorer la production locale, cependant elle empêche les producteurs locaux de s’épanouir. À cause de cette tarification il y a des difficultés à l’exportation, des difficultés à attirer de nouveau investisseur, et la difficulté à investir dans la recherche et développement” ajoute-elle.

Selon le président de l’UNOP, les autorités avancent souvent l’excuse du système de santé à remboursement qui entraîne une consommation du médicament plus accrue, justifiant selon eux le prix bas des médicaments en Algérie.

“Les autres pays du benchmark ont également un système de santé à remboursement mais les prix ne sont pas dans la même catégorie que ceux appliqué en Algérie. Et la consommation est inférieure à celle des pays référant” souligne Nathalie Bassil.

 
Abdelouehd Kerrar appelle les autorités concernées à revaloriser les prix des médicaments Il rappelle les efforts fournis par les producteurs locaux qui ont porté la production à plus de 50%, d’où la nécessité d’adapter les prix.