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23/04/2018 12h:25 CET | Actualisé 23/04/2018 12h:25 CET

United 2026 et Maghreb United, qui gagnera le 13 juin?

"La candidature du Maroc pour la coupe du monde est une véritable opportunité pour le Maghreb pour enterrer la hache de guerre".

Federation royale marocaine de football/Facebook

FOOTBALL - Ce n’est pas le titre d’un album du rappeur français Rim-K ni un tube d’été de Réda Taliani, mais une simple comparaison entre deux façons de faire la géopolitique. Outre-Atlantique, les Ricains (god bless them) s’allient avec le Canada et le Mexique pour une candidature commune pour l’organisation de la Coupe du monde 2026. Une candidature qui arrive dans un contexte où les relations américano-mexicaines ne sont pas au beau fixe, depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.

En effet, tout le monde se rappelle des déclarations controversées de Trump durant sa campagne électorale sur l’immigration et sur le Mexique particulièrement. Dans une de ces déclarations, le candidat républicain annonçait devant une foule survoltée un projet de construction d’un mur de 3142 kilomètres tout au long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique! Pire encore, le candidat indique que le mur sera financé à 100% par le Mexique. Plus c’est gros, plus ça passe.

Une fois élu, le président Trump signe le 25 janvier 2017 un décret sur la construction du mur. Le lendemain, le président mexicain a annulé sa visite aux États-Unis.

Plus récemment, le jeudi 5 avril, le président a lancé une nouvelle diatribe en promettant le déploiement de 2.000 à 4.000 hommes de la garde nationale pour assurer la sécurité de la frontière entre les deux pays.

Malgré tous ces évènements, les deux pays se sont alliés pour un projet de candidature à la Coupe du monde 2026 avec le Canada, et comme disent les Américains, “dollar has no smell” (“le dollar n’a pas d’odeur”). Un pragmatisme qui doit fortement inspirer les élites politiques au Maghreb arabe. Malheureusement, ces dernières semblent toujours occupées par des calculs politico-politiciens étroits.

Rappelons-le, les pays du Maghreb, en plus d’une histoire et d’une géographie similaires, partagent des valeurs culturelles et cultuelles communes, sans pour autant capitaliser sur ces valeurs pour affronter les différents défis de développement, et la candidature du Maroc en Coupe du monde est un parfait exemple en la matière.

En effet, si les différents pays de la région ont affiché leur soutien naturel à la candidature marocaine, les engagements de certains pays restent pour le moins mitigés, et il suffit de se pencher sur ce qui s’est passé lors de la demande du Maroc à la légende du football africain, l’Algérien Belloumi, pour comprendre cela.

Belloumi a été démarché par les officiels marocains pour devenir ambassadeur de la candidature marocaine à côté d’autres stars du football tel que Roberto Carlos. À son retour à Alger, Belloumi demande l’accord des autorités algériennes, et d’après plusieurs sources, ces dernières ont refusé dans un premier temps, avant de répondre favorablement suite à une intervention du président Bouteflika lui-même, selon la chaîne algérienne Ennahar TV.

Certes, ce mois d’avril est mouvementé avec les gesticulations du Polisario constatées dans le Sahara marocain et la réponse ferme apportée par le Maroc dans ce sens. Mais je crains fort que ce conflit du Sahara marocain ne soit l’arbre qui cache la forêt et constitue une sorte d’échappatoire utilisée par les politiciens de la région pour justifier leur incapacité à construire un projet de Maghreb arabe à la hauteur des attentes de leurs peuples.

Le sport est censé être un vecteur d’échange entre les différentes cultures, mais pour y arriver, des règles de fair-play politique s’imposent. La candidature du Maroc pour la Coupe du monde est une véritable opportunité pour la région pour enterrer la hache de guerre, ne serait-ce que d’ici le 13 juin, date de la désignation du pays qui organisera l’événement. Et qui sait, sur un malentendu, nos États apprécieront peut-être cette trêve. Qui vivra verra!