MAROC
14/02/2019 18h:08 CET

Une unité industrielle pour produire des vaccins et des sérums au Maroc

Entre autres objectifs: faire du Maroc un pays producteur et exportateur de ce genre de produits.

SeventyFour via Getty Images

PHARMACIE - Le projet est au stade embryonnaire, mais suscite déjà l’enthousiasme du ministre de la Santé, Anass Doukkali. Son département a publié, ce jeudi, un communiqué annonçant la création d’une unité pharmaceutique qui devra fabriquer des sérums, des vaccins et des produits biologiques. Un projet inscrit au plan stratégique de l’Institut Pasteur du Maroc (IPM) 2019-2023 présenté, hier, au cours de la tenue de la session ordinaire du conseil d’administration de cet établissement public, présidé par Doukkali.

Après une étude d’évaluation, le projet devra faire l’objet d’un appel d’offres pour permettre à l’IPM de sélectionner le partenaire privé qui l’accompagnera dans sa réalisation et sa mise en oeuvre. En attendant, le ministère annonce d’ores et déjà que le choix du lieu s’est porté sur la ferme expérimentale de l’IPM à Tit Mellil où naîtra donc cette unité.

Pour le ministère de la Santé, le rôle qu’aura à jouer cette dernière tient en deux objectifs essentiels. Le premier est de répondre aux besoins au niveau national en matière de sérums et vaccins contre les maladies infectieuses et les empoisonnements dus aux morsures de serpents et de scorpions. Le second, lui, porte sur une dimension internationale, puisqu’il vise à faire du Maroc un des pays producteurs et exportateurs de ce genre de produits biologiques.

Le HuffPost Maroc a tenté d’en savoir plus sur les objectifs et les moyens engagés dans la réalisation de cette unité portée par l’IPM, en contactant son directeur, Abderrahman El Maaroufi, mais ce dernier n’a pas donné suite à nos appels. 

Le Réseau marocain pour la défense du droit à la santé et à la vie avait fustigé, au mois d’août dernier, l’arrêt par le Maroc en 2006 de la production du sérum antidote contre les morsures des scorpions et serpents. Son président, Ali Lotfi, nous avait alors déclaré avoir saisi le ministère de la Santé à l’époque du Pr. El Houcine Louardi, puis récemment à l’arrivée de Doukkali, pour “rouvrir l’unité de production de ce sérum à l’Institut Pasteur pour son importance vitale”. La demande étant restée sans suite, selon lui, ce sont les services de réanimation des hôpitaux qui ont été mobilisés pour prendre en charge les cas de morsures. 

Le Centre anti-poison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) nous avait alors précisé que cet arrêt s’explique par “l’inefficacité du sérum mais aussi sa dangerosité”. Cela dit, le besoin est bien présent, car, chaque année, environ 30.000 cas de piqûres et d’envenimations scorpioniques sont enregistrés. Si la plus grande majorité d’entre elles, soit 90%, ne nécessite aucun traitement, parce qu’il s’agit de piqûres sans injection de venin, la victime doit tout de même être prise en charge. En cas d’infection, cette prise en charge devient une mesure d’urgence dès que des symptômes estimés graves par le CAPM apparaissent, notamment la fièvre, la diminution de la température, les douleurs abdominales ou encore les vomissements. Le pronostic vital peut alors être engagé.