TUNISIE
02/11/2018 17h:12 CET | Actualisé 02/11/2018 17h:14 CET

Une sculpture réclamée par l'Irak vendue 31 millions de dollars à New York

Une vente record pour une pièce issue de l'art assyrien.

ART - C’est une vente à l’accent politique qui s’est déroulée ce mercredi 31 octobre à Christie’s à New York. Une sculpture de plus de 3000 ans a été adjugée aux enchères 31 millions de dollars alors qu’elle était réclamée par le gouvernement irakien.

L’action, débutée à 7 millions de dollars après la présentation de la pièce, a rapidement monté. La vente de la sculpture antique, accordée à 31 millions de dollars à un acheteur anonyme, a provoqué la surprise de la salle. En triplant son estimation (environ 10 millions de dollars), cette enchère constitue un record historique pour l’art assyrien, dont la pièce la plus estimable jusqu’ici avait été accordée à 12 millions.

CHRISTIE’S
La plaque en question, avec un bas-relief du génie ailé Apkallu.

Selon Christie’s, la plaque de deux mètres avec un bas-relief du génie ailé Apkallu (l’un des Sept Sages -protagonistes de la mythologie mésopotamienne- qui auraient révélé aux hommes la science, les arts et les techniques avant le Déluge, ndlr) est l’oeuvre la plus raffinée de l’art assyrien aperçue sur le marchédepuis des décennies.

La pièce aurait été excavée entre 1845 et 1851 par l’archéologue britannique Sir Austen Henry Layard -avec la permission du Grand Vizir de l’Empire Ottoman-, sur le site de Nimroud en Irak, non loin des ruines du Palais Northwest, dont la sculpture agrémentait les murs. Elle aurait par la suite été rachetée à Mossoul par le missionnaire américain Henri Byron Haskell, en 1859, qui l’aurait ramenée aux États-Unis.

Dégradé dans un premier temps dans les années 90 en raison de la déstabilisation de la situation politique du nord de l’Irak, le site archéologique de Nimroud a ensuite été la cible d’attaques de l’État islamique en mars 2015, pour sa campagne de destruction d’anciens sites archéologiques. Les principaux monuments et œuvres d’art qui restaient sur le site ont été démolis au bulldozer et à l’explosif, entraînant une raréfaction de l’art assyrien et logiquement, une augmentation de sa valeur.

Toujours propriété de l’Irak ?

Quelques heures auparavant, le porte-parole du ministère des affaires étrangères irakien -Ahmed Mahjoob- a formulé une demande de rapatriement de l’oeuvre, estimant qu’elle appartient à l’Irak et constitue un morceau important de son héritage. La maison de ventes s’est pour sa part immédiatement défendue dans un communiqué, expliquant que l’oeuvre se trouve aux États-Unis depuis 1860. Une information dûment vérifiée en amont de sa mise aux enchères.

En réponse, le ministère de la culture irakien a assuré a contrario qu’elle n’aurait quitté le pays qu’au cours des années 1970. Ce qui l’a encouragé à contacter Interpol, l’Unesco et l’organisation culturelle des Nations Unies pour voir l’oeuvre rapatriée. Le gouvernement s’est quant à lui empressé de contester la légalité de la vente. Une affaire que l’ambassade irakienne de Washington suit désormais sur le territoire américain.

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