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01/04/2019 11h:05 CET | Actualisé 01/04/2019 11h:05 CET

Une révolution au lieu d’une révolution!

Par un raisonnement déductif, j’arrive à la conclusion que tous les ingrédients d’une nouvelle farce sont réunis

FETHI BELAID/AFP/ Getty Images

Un bel assortiment servi. Entre le maitre d’école qui, en cours, a des érections plutôt qu’une bonne conscience professionnelle et qui a abusé de, rien qu’une petite vingtaine d’élèves des deux sexes; les bébés qu’on a doucement euthanasiés et dont, le décompte du nombre de décès s’est miraculeusement arrêté après la conférence de presse brouillon de, parait-il, un ponte de la médecine, convié à cautionner un univers médical délétère et servir de cache-misère d’un système de santé intubé ... Un zoophile souffrant certainement d’une inversion recto-crânienne qui n’aime pas les poules qu’en rôti et pour qui, l’expression affectueuse et familière: “ma poule!”, est au premier degré...

Probablement, d’autres affaires encore plus répugnantes, non dévoilées et qui sont comme les trous dans les chaussettes: personne ne s’en soucie tant que nous sommes, les seuls a en connaitre l’existence! Tout cela, n’a tristement rien de facétieux, c’est même grave et le plus grave est que, frappés par une sorte d’amnésie malsaine, on s’y accommode allègrement!

Comme, il est désespérant de voir à quel point, les gens peuvent être cruels, et si inquiétant d’observer, impuissants, cette banalisation graduelle de la violence extrême et de la mort! Il faut avoir le courage de regarder honnêtement les choses en face et de se poser la question de savoir, qui sommes-nous et où va t-on, avec ces dérives et ces délires apocalyptiques?

Cela va sans dire, qu’il n’y a pas d’irresponsables, de dangereux pervers et de criminels dans notre pays plus qu’ailleurs mais seulement, on se distingue par une faiblesse de l’État, une mollesse dans l’application des lois, une défaillance de l’exécutif et un tranquille laxisme ambiant, conduisant à un sentiment général d’impunité. Par conséquent, le problème est pour moi, de nature fondamentalement politique ... Venons-en!

Je pense que chacun est désormais accaparé par ses propres problèmes et n’attend plus rien des politiques! Qu’espère t-on des sempiternels candidats de moins en moins crédibles, entreprenant leur course frénétique aux postes et qui, comme à l’accoutumée, promettent monts et merveilles et au final, n’apportent rien?

Je n’ai pas besoin de consulter les sondages qui ne sont faits que pour orienter l’opinion publique, ou d’écouter ces journaleux des plateaux de télés poubelles, dont certains sont carrément des repris de justice, qui ressassent les mêmes inepties et se contentent de nous dire qui il faut aimer et qui il faut haïr. J’ai aussi cassé ma boule de cristal pour prédire l’avenir, mais par un raisonnement déductif, j’arrive à la conclusion que tous les ingrédients d’une nouvelle farce sont réunis: C’est toujours le parti islamiste, fort de son réservoir électoral quelque peu amenuisé mais encore imposant, qui mène le bal même si ses dirigeants sont à la recherche de personnalités au sang frais à vampiriser et d’un nouvel attelage pour la prochaine étape, celle avec Nidaa touchant à sa fin. Ils évitent les broutilles. Ainsi, la présidence de la République ne les intéresse pas outre mesure, mais chercheront par leur soutien à y placer un personnage sans envergure, effacé et docile, quelqu’un qui serait plus attiré pour le charme et les avantages matériels de la fonction que par l’exercice du peu de pouvoir constitutionnel, dont il disposera. Les candidats se bousculent déjà au portillon...

En fait, le parti Ennahdha vise l’Assemblée du peuple et sa présidence, siège du vrai pouvoir! Leur guide fait miroiter à l’actuel chef de gouvernement un avenir radieux, lui qui, sans avoir les coudées franches, est prêt à sacrifier tout le peuple tunisien, s’il le fallait, pour conserver son poste après les élections ... Un président de la République vieillissant qui, lors de la commémoration de la fête de l’indépendance et dans une attitude pitoyable et indigne de son rang, implore le retour de son fils illégitime et rebelle à la grande maison. Il peine à rapiécer les lambeaux du parti de son rejeton, affaibli par les pérégrinations et les transhumances de ses membres fondateurs et les infidélités des troubadours et courtisans volages ... Le Front Populaire, toujours égal à lui-même avec ses velléités en instance et qui, sans surprise, présente son candidat canonique ... Les partis de ce qu’il est convenu d’appeler le centre et dont les contours sont toujours flous, souffrent de leurs divisions, végètent encore et sont incapables de concevoir un programme viable et une vision commune. Il ne vont certainement pas créer la surprise ... Enfin, la représentante du parti destourien, paradant en amazone avec tout l’attirail et se présentant comme dépositaire de l’héritage bourguibien et unique rempart contre l’invasion intégriste, promettant en cas de succès, de les botter hors du pays! Peu convaincante même si elle fait actuellement une percée car pour moi, elle est la candidate du désespoir de beaucoup de tunisiens qui ont vite oublié les affres de l’ère novembriste et risquent de reproduire l’erreur de 2014. Tout le monde peut se tromper, mais persister dans l’erreur, telle est la bêtise!

Toutes ces observations n’alimentent pas de grandes espérances pour les cinq années à venir. On est toujours loin des conditions objectives pour l’obtention d’un saut qualitatif apportant un vrai changement salutaire et une réussite satisfaisante. Ces conditions sont pour moi, la conjugaison des valeurs humaines et citoyennes avec la dimension religieuse, composante indéniable de l’identité tunisienne. Elles passent impérativement par le bannissement de toutes les formes d’extrémisme. D’abord le religieux, pratiqué par ceux qui, croyant être investis d’une mission divine, discriminent les gens entre bons musulmans qui iront se délecter de tout les délices du paradis et les impies à qui, ils promettent les tortures de l’enfer, et veulent imposer par la force leur croyance à toute l’humanité avec comme corollaire, le terrorisme aveugle qu’on connait ... Ensuite, l’extrémisme des antireligieux qui prônent la liberté de conscience, d’expression et toutes les libertés pour eux, mais tout en s’inscrivant dans les valeurs universelles de modernisme et de droits de l’Homme, refusent le droit à la différence des conservateurs et des religieux et sont dans le déni total des traditions ancestrales et des codes et coutumes du pays ... Nul doute que nous aspirons tous à une vie digne et paisible dans un espace, où prédomine le vivre ensemble et le respect de l’autre avec ses différences alors, au-delà de nos divergences, retenons seulement ce qui nous réunit tous: l’amour de ce pays!

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