TUNISIE
03/12/2018 16h:30 CET | Actualisé 03/12/2018 16h:35 CET

Une quinzaine de députés impliqués dans des affaires de corruption, selon Mohamed Abbou

Selon lui, Mohamed Ennaceur aurait refusé au juge d’instruction l’accès à des documents, "sous prétexte" que les députés bénéficient de l'immunité parlementaire.

Invité de Shems FM, le fondateur du Courant Démocrate, Mohamed Abbou, a déclaré que plus de 15 députés seraient concernés par des affaires de corruption, et qu’une enquête serait en cours à ce sujet.

Lors de son intervention, Abbou a affirmé que le président de l’Assemblée, Mohamed Ennaceur aurait refusé au juge d’instruction l’accès à des documents dans le cadre de cette enquête, arguant de l’immunité parlementaire dont bénéficient les députés.

“L’enquête a été ouverte suite aux déclarations de Samia Abbou. Le juge d’instruction a contacté Mohamed Ennaceur qui a refusé de lui communiquer les documents demandés, sous prétexte que les députés bénéficient de l’immunité.” a-t-il affirmé

Mais selon Mohamed Abbou, l’immunité parlementaire ne peut être appliquée dans ce cas, car explique-t-il, “elle ne protège pas les députés ayant perçu un pot de vin pour faire passer une loi.”

“En tous cas, nous avons fait notre devoir et avons communiqué les documents nécessaires au juge.” a-t-il ajouté

En mai 2017, lorsque le chef du Gouvernement, Youssef Chahed, avait “déclaré la guerre à la corruption”, menant de nombreuses arrestations qui avaient sonné le début de la campagne de lutte contre la corruption, plusieurs députés avaient affirmé leur prédisposition à lever leur immunité parlementaire en soutien à Youssef Chahed.

Certains avaient affirmé sur les réseaux sociaux dans des lettres ouvertes au président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) vouloir lever leur immunité parlementaire concernant les affaires de corruption.

D’une autre part, se prononçant au sujet des accusations dirigées vers Ennahdha et son implication dans des assassinats politiques, Abbou a en premier lieu critiqué la composition du Conseil de sécurité nationale tenu à Carthage le 26 novembre dernier et présidé par Béji Caid Essebsi. Selon lui, le conseil est devenu plus politique que sécuritaire, se rapprochant plus d’une simple réunion de ministres.

D’autre part, Abbou estime que ni le président, ni le chef de gouvernement, ni les juges “ne se soucient de la justice”, puisque, dit-il, “Béji Caid Essebsi a fermé les yeux pendant 4 ans sur les soupçons qui pèsent sur Ennahdha”, et que ses déclarations “menaçantes” viennent en réaction au “ralliement de Youssef Chahed par Ennahdha.”

“C’est tout à fait Béji Caid Essebsi, il menace Ennahdha quand celle-ci agit contre ses volontés, et la salue quand elle sert ses intérêts.” a-t-il ajouté

En effet, le président n’a pas mâché ses mots lors de sa dernière déclaration à l’issue de sa rencontre avec le comité de défense de Belaid et Brahmi, évoquant l’existence d’un appareil secret du mouvement Ennahdha qui, selon lui ,n’est plus secret puisque tout le monde en parle. Il a également considéré le communiqué d’Ennahdha suite à ces accusations comme une menace à son encontre.

Mohamed Abbou s’est par ailleurs attaqué à Ennahdha, l’accusant d’être derrière des campagnes de dénigrement et de diffamation sur les réseaux sociaux, en plus de son financement douteux.

“Pour plusieurs, nous sommes des mécréants, à cause des campagnes de diffamation d’Ennahdha.” a-t-il ajouté

Mais il n’y a pas qu’Ennahdha qui mérite d’être sous les projecteurs de la justice. Selon Abbou, Nidaa Toune devrait également faire l’objet d’une enquête, car, selon lui, celui-ci aurait récupéré, de la part des services de Renseignements, des enregistrements d’écoutes téléphoniques sur Youssef Chahed.

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