TUNISIE
30/10/2018 17h:35 CET

Une princesse japonaise renonce à son titre pour épouser un roturier

Un prince peut épouser une roturière et conserver son titre, mais pas une princesse...

JIJI PRESS via Getty Images

JAPON - Ce lundi 29 octobre, la Princesse Ayako a épousé le roturier Kei Moriya, un employé de la société de transport maritime Nippon Yusen âgé de 32 ans. L’union, célébrée au sanctuaire Meiji de Tokyo, impose à la princesse de renoncer à son titre impérial, selon la loi en vigueur depuis 1947. Un sacrifice révélateur d’un schéma patriarcal toujours bien ancré.

“Je suis emplie de joie de me marier et de voir autant de personnes nous rendre visite au Meiji-jingū pour nous féliciter”, s’est exaltée la jeune femme suite à la cérémonie privée. “Je quitte la famille impériale aujourd’hui, mais mon soutien à Sa Majesté l’Empereur et à l’Impératrice restera inchangé.” poursuit-elle.

KYODO/VIA REUTERS
La princesse Ayako et son futur époux Kei Moriya arrivent au sanctuaire Meiji de Tokyo pour leur cérémonie de mariage, ce 29 octobre 2018.

 

À 28 ans, la princesse est la troisième fille du cousin de l’actuel empereur Akihito, 84 ans, à qui elle a fait ses adieux la semaine dernière. Car au Japon, si les membres de la famille royale ont la possibilité d’épouser qui bon leur semble depuis trois générations, les conséquences d’un mariage d’amour avec une personne non issue de l’aristocratie diffèrent drastiquement selon le sexe.

 

Ainsi, si l’empereur Akihito - premier prince à épouser une roturière - a pu conserver son titre et accueillir sa femme au sein de la famille royale, la princesse Ayako s’est vue obligée de renoncer à son statut impérial. À titre d’indemnisation, le gouvernement japonais versera à la désormais Ayako Moriya une somme forfaitaire de 950.000 de dollars, afin de compenser ses frais de subsistance.

Une loi impériale à moderniser

Cette sortie d’un membre féminin de la famille royale - bientôt suivie en 2020 de celle de la princesse Mako, première petite-fille de l’empereur, également fiancée à un roturier - relance le débat sur l’accès des femmes au trône du chrysanthème, dont elles sont toujours exclues.

La plus ancienne monarchie du monde traverse en effet une pénurie masculine. Elle ne compte aujourd’hui que quatre hommes et un garçon mineur. Le prince héritier Naruhito - amené à prendre la place de l’empereur en mai 2019 après l’abdication de ce dernier - n’ayant qu’une seule fille, il a un temps été considéré de revoir la loi impériale sur la succession. Cette tentative de modernisation a cependant été abandonnée en 2006, lorsque la sœur du prince héritier a finalement donné naissance à un garçon. Le Prince Hisahito, douze ans aujourd’hui, se place ainsi troisième dans l’ordre de succession au trône.

Davantage progressiste, celui de la Couronne britannique est quant à lui fixé par stricte primogéniture - soit sans préférence masculine - depuis l’Acte de succession à la Couronne signé par la reine Elizabeth II en 2013. Ainsi, l’enfant le plus âgé du souverain hérite du trône, peu importe son sexe.

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